CHAPITRE IV
MODES DE CHAUFFAGE EMPLOYÉS OU ESSAYÉS PAR CERTAINES COMPAGNIES SECONDAIRES DE CHEMINS DE FER EN FRANCE.
Chemin de fer des dombes.
ChanfTage a Pair chaud. — La Compagnie du chemin de fer des Dombes parait décidée à chauffer les voitures des trois classes au moyen d'un appareil à air chaud dont les premiers essais remontent à 1870. Nous n'en décrirons que les dernières dispositions qui datent de janvier 1873.
D'après la Direction du chemin des Dombes, a les voya- « geurs ne se plaignent nullement de ce système de c( chauffage, de beaucoup préférable aux chaufferettes. »
Descripiioii de PapiMireii. — Lo principe de Cet appareil consiste à faire passer de Tair pris dans l'atmosphère entre la paroi extérieure d'un foyer et son enveloppe, puis de là dans une conduite métallique placée, soit sous les pieds des voyageurs, soit contre l'une des parois longitudinales du véhicule. Enfin, l'air s'échappe dans la voiture par l'extrémité de cette conduite et par un certain nombre d'ouvertures latérales intermédiaires.
Le foyer est formé d'un cylindre vertical en tôle (fig. 4 à
CHAUFFAGES DE LA COMPAGNIE DES DOMBES. lo3
7 de la planche n** 15) muni d'une grille à sa partie inférieure et, en dessous de celle-ci, d'une lanterne en tôle avec manches à vent dirigées vers les deux extrémités de la voiture et destinées à activer le tirage. Par un assemblage à baïonnette, ce foyer est suspendu à une cloche en fonte qu'une tubulure raccorde avec la cheminée qui est verticale.
Autour du foyer, l'enveloppe est formée do deux cylindres en tôle dont l'intervalle est rempli de sable ; elle est réduite à une simple feuille de tôle autour de la cloche.
L'air froid s*introduit dans l'enveloppe par une trompe que Von doit orienter d'après le sens de la marche de la voiture.
L'appareil est monté contre l'une des parois longitudinales et est à moitié engagé dans la voiture, de façon que sa partie inférieure se trouve entre le brancard de la caisse et celui du châssis.
Comprise ainsi dans la voiture, la cheminée est placée dans une enveloppe percée de trous en haut et en bas, afin d*utiliser, en partie, la chaleur de la fumée au chauffage de la voiture.
Disposition de TapiMirell dan» les voilures. — La Compagnie des Dombes a adopté pour son matériel la disposition du couloir central avec entrées aux deux bonis de la voiture. Il n'y a d'autre cloison pleine que celle qui sépare, dans les voitures mixtes, les compartiments de 1" classe de ceux de 2*.
Dans ces voitures mixtes contenant trente-quatre voyageurs^ Tappareil est placé contre la cloison de séparation et dans le compartiment de 2* classe. — Deux places sont ainsi supprimées (fig. 7 de la planche n"* 15).
Un tuyau rectangulaire de 0'",090 sur 0",100, courant le long de la paroi longitudinale^ conduit Tair chaud dans
15i CII.VUFKACIK DK LA CUMPAGNIK DKS DUMBKS.
les compartiments de 2^ classe où il le déverse par son extrémité et par une ouverture intermédiaire.
L'air chaud est amené dans le compartiment de 1" classe par une conduite en cuivre jaune poli, placée en saillie sur le plancher, entre les sièges, de façon que les voyageurs puissent s'y chauffer les pieds.
Dans les voitures de 3' classe, à cinquante voyageurs, l'appareil est monté à l'un des angles du véhicule, ce qui supprime une place (fig. 6 de la planche n** t5).
L*air chaud est distribué par un tuyau de 0",090 sur 0'*,400 de section, placé dans Tangle du plancher et de la paroi latérale, et qui se termine dans l'avant-dernier compartiment.
Ce tuyau est ouvert à son extrémité et est, en outre, muni de deux bouches de chaleur intermédiaires.
DëjpeMMi» diMii«iaiiaiioii. •> ce Les dépenses d'installation (t s'élèvent à environ 48(y par voiture (4). »
c:oflibiiiitibie eoijjiioyé. — Dans cet appareil on bru le du charbon de Paris. On a renoncé au coke parce qu'il brûlait rapidement les foyers.
e^méuHe àe rajjipareii. — Pour chauffer uue voilure, on remplit le foyer de charbons allumés, puis on le fixe à la cloche. Cette mise en place doit être faite une demi-heure avant le départ du train.
La charge do combustible pèse environ 9^,500; deux heures et demie ou trois heures après avoir mis le premier foyer, on doit le remplacer par un autre également garni de combustible allumé.
(1) Hcnseigiicmcnt fourni pai* la Dircctioiu
GiLVUP-FAtiES DE lA i;UMPAGNlK- DES CHAHENTES. ioo
- jRëMifflitA éniMii^ttes. r- AxQc jcet appareil (1),'^ ion ;c- peut obtenir pendant la première période de la corn-; çr bustion une différence dé près de 30^ entre la tempéra^ ( lure de l'air extérieur et celle de là voiture. . -
Ci La température des chauffe-pieds dans les compartic( menls de 1"* classe s élève jusqu'à 70^ »
ConsofliiiiatioB die combustible. — u La consommation de ( combustible s'élève à 2*^^850 environ par heure de <i marche. »
DëjjieBses du eh««rr«f e. — Le prix actuel du charbon de Paris étant de 16' les 100^, la dépense pour le combustible seulement serait donc de (y,457 par voiture et par heure.
CHEMINS DE FEH DES GHARENTES.
Chauffage par la vapeur de ehaufferettefl à eau Ixéetf dau»
ie« voitures. *- La Compagnie des chemins de fer des Gharentes a chauffé, pendant les hivers 1873 à 1875, un certain nombre de ses trains au moyen d'un système- spécial étudié par ses Ingénieurs.
Quoique ce système soit aujourd'hui abandonné par la Compagnie des Charcutes pour les motifs que nous indiquerons, rétendue de l'application qui en a été faite, la publicité qui lui a été donnée et les avantages qu'il semble présenter au premier abord nous obligent à le décrire avec quelques détails .
(1) Renseignements fournis par lu Direction.. .
. D'ailleurs nous ne ferons ici que reproduire des renseignements fournis par les Ingénieurs de cette Compagnie, €oit à un de nos agents envoyé en mission sur son réseau, soit en réponse à nos lettres.
Lé principe du système de chauffage des Charentes esL tout indiqué dans le programme suivant qui a servi de bas^ aux études :
«1*^ Employer, comme système de chauffage, des réserve voir s à eau chaude placés sous les pieds des voya- « geurs.
a 2"" Rendre ces réservoirs fixes, et les installer de telle (( façon que leur surface supérieure soit de niveau avec (( les planchers, pour qu'ils ne gênent en rien les voya- (( geurs. En mettre dans les voitures de toutes classes et (( dans tous les compartiments.
« 3* Enfin, réchauffer Teau en temps voulu pour que sa (( température minima soit de 60% et cela sans ouvrir les a portières. »
C'est à remploi de la vapeur que l'on eut recours pour réchauffer Teau des chaufferettes.
Les Ingénieurs ont adopté le chauffage intermittent parce qu'ils ont pensé que « si Ton voulait restituer au fur '(( et à mesure à l'eau la chaleur perdue, soit au moyen « d'un combustible, soit par de la vapeur, il se perdrait c( par les conduites beaucoup plus de chaleur qu'on n'eu «i utiHserait ; le système deviendrait alors très-cher; il «( exigerait, d'aiileurs, une source de chaleur dans le train a même, ainsi que cela a été jugé nécessaire avec tous a les autres systèmes déjà essayés et repousses (1). »
(1) Mcmoiro de M. Plainemaison, alors Ingcuicur en chef du Matcriol de la Compagnie des Charentes.