CHAUFFAGE AU MOYEN D'UN POELE
La solution du chauffage des voilures qui semble la plus simple consiste à placer un poêle dans Tintérieur du véhicule. G'eist, comme nous l'avons vu dans le précédent chapitre, ce que Ton fait assez généralement en Allemagne, en Suisse et en Russie ; mais les voitures que l'on munit de poêles dans ces pays sont le plus souvent du type américain, tandis qu'en France, en raison de l'isolement complet des compartiments des voitures de V* et 2* classe, ce système de chauffage parait, de prime abord, à peine applicable aux seules voitures de 3* classe.
Quoiqu'il en soit, pour déterminer les avantages et les inconvénients des poêles, nous avons monté un de ces appareils dans une de nos voitures de 3* classe dont les compartiments communiquent entre eux au-dessus des appuie-tête.
Typ€ en fêle expérlneaté. -- NoUS avons fait choix du
poêle-calorifère au coke type D, n*5, de la Compagnie Pari-
sienne du gaz ; les figures 1 à 6 de la planche n"" 2 le représentent, ainsi que la disposition de son montage dans la voiture. Cet appareil agissait de deux manières : par rayonnement direct d'une part, et par Tintroduction d'un courant d'air pris au dehors et chauffé au contact de l'appareil, d'autre part.
. peneripiioii du fNiéie. — Ce poéle se compose d'un foyer, d'un réservoir à combustible, d'un cendrier en fonte et de deux enveloppes concentriques en tôle et fonte.
Foyer. — Le foyer, dont la forme est sensiblement celle d'une demi-sphère, présente trois ouvertures :
A la partie inférieure, un orifice circulaire est placé audessus de la grille; sur le côté, une ouverture rectangulaire sert à piquer le feu ; à la partie supérieure, le foyer est ouvert sur toute sa section.
L'ouverture latérale est fermée par une porte munie d'un papillon servant de regard.
RëMervoir. — Un cône en fonte surmonte le foyer, et les bossages qu'il porte reposent sur des pattes venues de fonte avec le foyer.
Ce cône sert de réservoir à combustible et rend l'alimentation continue.
Pour faciliter la descente du combustible, oii a placé la petite base du cône à la partie supérieure, et pour la commodité dû remplissage on l'a terminée par une pièce en forme d'entonnoir.
Un couvercle en tôle, à charnières, ferme le réservoir.
•. — Le cendrier porte le foyer et sert de socle au poêle. Il est rectangulaire, et sa paroi supérieure est
percée d'un orifice circulaire au point où se trouve la grille.
Sur le côté, il présente une autre ouverture rectangulaire fermée par une porte. Celle-ci est munie d'une valve demi-circulaire pour permettre de régler l'introduction de l'air sous le foyer.
Pendant les expériences, les portes du foyer et du cendrier étaient cadenassées, afin d'empêcher les voyageurs de les ouvrir.
Le cendrier contient un tiroir mobile en tôle pour recevoir les cendres.
liriiie. - La grille, d'une surface totale de 0"",0079, est placée dans ce cendrier. On peut la déplacer horizontalement, de façon à faire tomber le feu.
EaYcioppe iniëricnre. — Le réservoir à combustible est entouré d'une enveloppe en tôle, ajustée sur la partie supérieure du foyer et se terminant contre l'entonnoir de remplissage.
Les produits de la combustion se répandent entre le réservoir et cette enveloppe, puis s'échappent par un tuyau horizontal placé sur le derrière de l'appareil et vers le milieu de la hauteur de l'enveloppe.
t'bemiiiëe. — La cheminée, en tôle, se raccorde par uu coude à emboîtement avec ce tuyau horizontal.
Elle s'élève verticalement, traverse le pavillon et le dépasse d'environ 0",20; pour faciliter le tirage on Ta surmontée d'un chapeau.
Baveioppe extérieure. — L'ensemble du Cendrier, du foyer, du réservoir à combustible et de son enveloppe est en-
touré d'une deuxième enveloppe composée de viroles e tôle assemblées par des anneaux en fonte.
Cette enveloppe descend jusqu'au plancher de la voiture et est percée sur tout le pourtour de sa partie supérieure
Prise d'air |i«ur la eombustion. — L'air nécessaire à 1 combustion était fourni par un tuyau de O^'.OôO de diamé ire intérieur, qui partait du cendrier, traversait l'envelopp du poêle, se recourbait à angle droit pour traverser i plancher et aboutissait à Textérieur, a quelques centimètre au-dessous du châssis.
Aucun appareil spécial ne forçait, d'ailleurs, l'air à en Irer dans ce tuyau.
Prise d*alr |ieur le ebauffage. — Un autre tuyaude 0°',12<
de diamètre intérieur amenait l'air extérieur entre les deu: enveloppes du poêle, à la hauteur du cendrier.
Cette prise d'air, après avoir traversé le plancher, si terminait à l'extérieur par deux trompes garnies de toili métalUque et orientées suivant le grand axe de la voi lure.
L'air introduit par le mouvement même du véhicuh s'échauffait au contact du foyer et de l'enveloppe intérieure et s'échappait dans la voiture par les orifices ménagés dan$ l'enveloppe extérieure.
On avait établi dans le tuyau de prise d'air un papillor dont l'axe aboutissait au dehors du brancard, ce qui permettait, au moyen d'un secteur denté, de régler la quantité d'air introduite.
Installation du poêle dans la voiture. — Le poêle fut établ
dans la voilure à la place de la stalle du milieu d'une des banquettes du compartiment central.
POÊLES. ITè
11 fut placé de façon à affleurer la traverse de banquette pour laisser libre le passage dans le compartiment.
Des cloisons (fig. 1 à 3 de la planche n* 2) plus élevées que le poêle devaient protéger les voyageurs qui occupaient les places contiguës à Tappareil.
Ces deux cloisons latérales, ainsi que la cloison de séparation du compartiment, formaient ainsi une sorte de niche.
Pour prévenir tout danger d'incendie, les faces de cette niche étaient garnies de tôles maintenues à une petite distance, et qui ménageaient ainsi une couche d'air isolante.
Deux colliers en fer embrassaient Tenveloppe extérieure et fixaient le poêle à la cloison de séparation.
Résnltaia eaioriflqaes. — En faisant fonctionner le poêle comme calorifère à air chaud, nous avons obtenu un effet utile moyen de 15% c'est-à-dire que la moyenne des températures constatées dans la voiture a été supérieure de 15* à celle de Tair extérieur, et ce chiffre eût été certainement dépassé s'il n'avait fallu ouvrir fréquemment les fenêtres, en raison de la chaleur excessive qui se produisait dans le voisinage de l'appareil.
Le compartiment central, où le poêle était monté, atteignait en moyenne une température supérieure de 20" à celle des compartiments extrêmes.
La voiture étant entièrement fermée, nous avons constaté des températures de 58"* sur la banquette faisant face au poêle, et, au même moment, la température sous les banquettes des compartiments extrêmes était seulement de iS"*^ les thermomètres extérieurs marquanl-|-8" pendant cette expérience.
La température était en moyenne de 15^ plus élevée près du pavillon qu'à 0",20 au-dessus du plancher.
L'air chaud se réparlissait également entre les deux extrémités de la voiture et le long des deux parois latérales.
La suppression de l'introduction de Tair extérieur entre lés deux enveloppes du poêle réduisait l'effet utile à 13®,2, mais la répartition de la chaleur n'était pas sensiblement meilleure.
La température maxima, atteinte dans la voiture, fut encore de 39^ pour une température extérieure de -f- 11**.
L'écart moyen entre le point le plus chaud, situé sur te dossier du siège en face du poêle, et le point le plus froid , placé sous les banquettes des compartiments extrêmes, s'élevait à 25^
Rësamé deN expérlenceN. — Les résultats principaux de quatre expériences sont groupés dans le tableau suivant :
Poêle de la Compagnie Parisienne appliqué à la Toiture de 3* olasM, G 4302.
DATE de
RIE^ICC
15 jaav.
O « -ta
Sa
Su