‹ Le chef dans l'usine, dans la citéChapitre 1 sur 56 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous avons vu naître, faire quelque bruit el décliner, un mouvement d'opinion tout artificiel en faveur de la démocratisation de l'industrie. Quelques politiciens : des modérés qui se croyaient avisés, des révolutionnaires honteux

et, bien entendu, des libéraux apeurés, prétendaient qu'après la guerre et la révolution russe, les « peuples » demandaient à être libérés, qu'ils le réclamaient, l'exigeraient bientôt et qu'on gagnerait enfin la tranquillité et la paix sociales en cédant généreusement aux nécessités nouvelles. En réalité, les « peuples », au moins les victorieux, ne réclamaient rien que la paix, la douce paix, la calme paix. Mauvaise condition professionnelle pour les agitateurs, qui, déjà ballus sur de nombreux points, cherchaient une nouvelle piste. Celle-là leur parut utilisable à défaut de mieux et ils répandirent l'idée que les chefs d'entreprises devaient renoncer à leurs « privilèges » sous peine de catastrophe, car le temps du « patronat de droit divin » ' était passé. Ces idées eurent quelques succès en Italie et jusqu'au point de menacer l'ordre social. Elles se heurtèrent chez nous au bon sens populaire et tombèrent dans une indifférence quasi générale. Il serait donc bien inutile de reprendre la controverse dans le détail si les mesures préconisées ne constituaient un ex-

1. — Ce mot a fait fortune pendant quelques mois. On doit rappeler sans fierté qu'il est d'un catholique : le député Noblemaire. Or l'expression : de droit divin, qui ne s'appliquait guère qu'à la monarchie, n'est qu'une traduction de ce principe tout ca» Iholique : Omnis poteslas a Deo, et le droit qui en naît ne crée guère que des devoirs.

posé presque complet de ce qu'il ne faut pas faire, et, par suite, un bon moyen de dégager ce qui convient.

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