CHAPITRE PREMIER
RECOURS A L'EXPÉRIENGE
Appliquons ici la véritable méthode expérimentale en matières politique et sociale, celle qui va chercher les résultats de l'expérience où ils. 8e trouvent, c'est-à-dire dans le passé, et qui tire
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<le l'observation des événements contemporaini un moyen de vérification continue. Le physicie dans ses expériences, suscite des faits, dont l plupart même ne s'observeraient jamais, s'il n préparait artificiellement les conditions de leu réalisation. Le politique, le sociologue ne peuven évidemment disposer des hommes et des nation pour essayer l'application de quelque systèm nouveau. L'unique ressource est donc pour eux d s'en rapporter aux faits connus, tels qu'ils o été et tels qu'ils sont.
Un point est acquis de l'assentiment général Nous allons à la ruine si nous laissons dure encore un système politique et social qui noui met en état d'infériorité grave vis-à-vis de l'étran ger et permet notre asservissement. Ce système ne profite qu'au petit nombre de ceux qui, opérant sur le plan international, sont devenus toutpuissants devant l'Etat. Or nous n'avons souci que de l'intérêt national, c'est-à-dire au fond, d l'avenir de tous les Français.
Autre certitude : la France n'est plus en étal de supporter les conséquences d'une aventure mal conçue. Nulle solution ne doit donc et admise si son efficacité n'a été éprouvée. Enfi les transformations nécessaires ne peuvent et une cause de trouble intérieur ; la restauratio des forces françaises ne sera sûrement menée quj
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si elle se fait sans cliocs ni heurts, selon une méthode patiente et toute empirique : on ne ge passe pas du temps.
Dans ces conditions, que faut-il faire ? Cela a été dit et redit cent fois, mais pas assez puisque nous nous heurtons encore aux mêmes préjugés, aux mêmes erreurs que par le passé. Et cependant quel progrès dans les idées, à en juger simplement par la meilleure compréhension de la nécessité de l'autorité et par le désir croissant de sa restauration. Les principes excellents que M. Fayol a tiré de son expérience peuvent nous fournir un fil conducteur solide, sous condition de leur donner un sens tout à fait général (en raison de ce qui différencie l'Etat d'une simple entreprise industrielle), de rectifier les confusions et de tenir grand compte enfin des garanties qu'exige impérieusement la durée séculaire de l'Etat.
Mais prévenons auparavant lec sonséquences d'un mythe fort répandu dans les esprits modernes. Les réformateurs de l'Etat, soit qu'ils cherchent à entreprendre sur le pouvoir, soit qu'ils veuillent le renforcer, se rejoignent dans une intention commune : rédiger les principes généraux et le détail d'application d'une constitution nouvelle. Il n'est pas de travail plus vain.
Joseph de Maîstre nous a laissé sur ce sujet
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quelques pages définitives, d'une hauteur de vue et dune profondeur de pénétration qui ne laissent subsister aucune objection, après que l'épreuve des cent trente dernières années les a confirmées de manière éclatante. « Aucune cons- {( titution ne résulte d'une délibération : les « droits du peuple ne sont jamais écrits, ou ils ne « le sont que comme de simples délibérations de « droits antérieurs non écrits. » Bien mieux, ajoutait Maistre, « il s'en faut de beaucoup que tous « ces droits puissent être écrits ' »
Les faits seuls peuvent dégager la loi d'un peuple ; l'esprit humain est trop borné, nous voulons dire que trop d'éléments lui manquent pour que la définition à priori soit jamais possible De là vient que « les racines des constitutions politiques existent avant toute loi écrite '. » La constitution ne peut résulter que de l'équilibre momentané entre les innombrables forces singulières qui assurent la vie d'une nation et qui résultent d'un ensemble trop complexe et trop difficilement analysable pour que la formule d'équilibre se puisse trouver. D'autant que ces forces se modifiant sans cesse, quoique lentement,
1 . — Essai sur le principe générateur des constitutions politiques. Préface.