‹ Le chef dans l'usine, dans la citéChapitre 36 sur 56 · Ibid. IX · texte numérisé non relu

Ibid. IX

RECOURS A l'expérience 1 63

la stabilisation de l'ensemble nécessite un procédé plus souple que la définition géométrique. Poui* une nation donnée il y a une constitution naturelle, vivante comme elle, complexus inextricable des qualités et des défauts de sa race, de sa religion, de sa situation géographique, des richesses et des insuffisances de son sol, de la puissance des nations voisines, et enfin, et surtout, — en dépit de la terreur que ce premier et dernier facteur inspire à beaucoup — des visées <le la Providence sur elle. L'homme qui, de sa plume, prétend à donner une expression complète et définitive de ce qui dépend de tant d'éléments mouvants est semblable à l'enfant qui déclarerait vouloir écrire une histoire de l'homme.

(( Plus on écrit et plus l'institution est faible ' ». Ce qui est écrit est fixé : une constitution ne peut l'être. Ce qui est écrit est fragile : car si la loi « n'existe que pour qui elle est écrite, il est <( certain que l'autorité quelconque qui l'aura ■n écrite aura le droit de l'effacer * ». Et sans doute aussi une autorité nouvellement grandie. En «orte que, sous le régime de la loi écrite, ni l'autorité, ni la liberté ne sont garanties. « L'essence « d'une loi fondamentale est que personne n'ait le

•1. — Ibid. — Préface.

.2. — Ibid. n.

lt)4 d'une organisation réaliste ue la frange

(( droit de l'abolir : or comment sera-t-elle auj « dessus de tous, si quelquun l'a faite '. » Qu'elli soit donc l'œuvre de tous et des nécessités imposées à tous. (( Toute loi écrite n'est qu'un mal (( nécessaire produit par l'infirmité et par la ma- « lice humaine », mais « elle n'est rien du tout (( si elle n'a reçu une sanction antérieure et non (( écrite *. »

C'est ce que les faits confirment inlassablement. Que l'on compare la réalité du fonctionnement des sociétés anonymes et la théorie inscrite dans la loi, qui devait les régir ; la constitution di notre République et son mécanisme véritable qu'on retienne ici l'impossibilité oii s'est trouv< le chef suprême de l'Etat de remplir le rôle qi lui était dévolu ; les « usurpations heureuses » de^ ministres des finances, contrôlant avant et après] tous les budgets ministériels ; l'inefficacité du con-i trôle parlementaire en règle ordinaire, ses excè en temps de crise, qui font de la politique un oscillation perpétuelle entre l'omnipotence d'ui gouvernement sans conseil et l'anarchie tyranni que du parlement aveugle ; que l'on mette en regan le principe fondamental de la liberté métaphysi que et les intrusions absurdes et croissantes d(

Page 1