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UN GLORIEUX FAIT D'ARMES

lendemain, au point du jour, ainsi qu'ils l'avaient décidé, Sans-Peur et les deux Hurons quittèrent la Mission pour retourner, le premier à Québec, où M. de Vorcel devait l’attendre avec une impatience fébrile, et les guerriers à leur village, car les hostilités permanentes eaigeaient la présence des Hurons dans les rangs de l’armée

française, dont ils étaient les fidèles alliés. Taréas comptait

arriver bientôt à Québec avec plusieurs centaines de guerriers, secours précieux pour le général en chef.

Lorsque Sans-Peur se fit annoncer chez M. de Vorcel, ce dernier poussa un cri de joie : il allait enfin avoir des nouvelles de sa fille chérie; bonnes ou mauvaises, elles feraient au moins cesser l’incertitude terrible qui lui poignait le cœur.

— Eh bien, mon ami, s’écria-t-il en tendant la main au chasseur, qu’aves-vous appris?

— Mon colonel, répondit le chasseur en serrant la main qui lui était tendue, Mie Marthe est saine est sauve.

— Merci, mon Dieu! fit le colonel en levant vers le ciel un regard empreint d’une reconnaissance infinie.

Sans-Pour lui fit alors un récit détaillé de ce qui s’était passé.

Quand il eut achevé, le colonel lui demanda de l'accompagner à la Mission, mais le chasseur lui expliqua que les bois étaient remplis de maraudeurs blancs et rouges aux mains desquels la jeune fille risqueralt de tomber, et qu'il valait mieux attendre quelques jours, afin de pouvoir aller la chercher avec une escorte suffisante.

— Mais qui nous empêche de nous faire accompagner aujourd'hui meme par cette escorte? dit M. de Vorcel ; M. de Montcalm est assez mon ami pour mettre une compagnie à ma disposition.

— C'est vrai, en ce moment il vous rendrait volontiers ce service, mais avant ce soir il regretterait de vous avoir obligé.

— Vous jugez mal le général, fit M. de Vorcel d'un ton de reproche.

— Mon colonel, en venant ici, j’ai rencontré dans les bois plusieurs batteurs d’estrade porteurs de nouvelles de la plus haute importance. Avant trois heures, ils seront ici.

— Qu'ont-ils à nous apprendre ?

— Les Anglais marchent sur Québeo.

— Le colonel baissa la tête avec accablement.

— Vous avez raison, dit-il tristement, je dois rester ici pour remplir mon devoir.

Et il se rendit aussitôt près du général en chef pour l’informer de ce qu’il venait d'apprendre.

M. de Montcalm avait été fort alfigé per 110 malheur qui avait frappé le colonel son ami, non seulement à cause de la mort affreuse de la comtesse, mais aussi parce qu’il comprenait que les défrichements, qui font la grandeur et la fortune d’une colonie, étaient à peu près impossibles, puisque les

olons pouvaient être impunément massacrés aux pores mêmes {e Québec.

Quant à organiser une surveillance suffisante pour protéger les colons, il n’y fallait pas songer ; car, à part les milices canadiennes, troupes fort braves mais peu nombreuses, les forces

régulières ne se composaient.que de vingt-huit compagnies de

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