LAT DE LA
cb, égorgés par les Barons, s’enfuirent bin des toutes les directions, laissant derrière eux de longues traisées de sang.
Le capitaine s'approche alors du chef des lions, qui n’était antre que Tartas.
— Merci, chef, dit-il en lui tendant la mein, vous êtes un ami aussi fidèle que brave.
— Le guerrier hlana me connait donc? dis Taréam
— Quel est donc, au Canada, le Faançals qui ne o,, pas le brave Taréas ?
— Les lèvres de mon frère distillent le miel, . er en souriant, flatté de ces louangeuses paroles.
— Pas du tout: je dis la vérité.
Aussitôt le combat terminé, les Hurons, fidèles à leur oautume, s'étaient précipités, le couteau au poing, sur les cadavres de leurs ennemis et les avaient scalpés avec une dextérité incroyable. On eût dit une volée de vautours s'abattant sur ce champ de carnage.
La capitaine détourna la tête pour ne pas vois ce hideux spectacle, mais il se garda bien de rien laisser paraître du dégoût qu'il éprouvait, car les Hurons en eussent été trèsfroissés.
Lorsqu'ils eurent attaché à leur ceinture ces sanglants trophées, ils se dirigèrent, avec les cavaliers, vers la Mission
od ils furent reçus avec les marques de la plus vive sympathie.
M. de Vorcel, surtout, leur adressa de sincères félicitations, du reste méritées, car ils avaient certainement décidé du résultat de la bataille.
Taréas, qui n'avait perdu que peu de guerriers dans le sanglant combat qu’il venait de livrer, était accompagné de près de deux cents Hurons, secours d’une valeur inestimable pour le colonel, qui ne se dissrmulaïit pas ce que sa position avait de critique.
Le combat lui avait coûté cinquante Hommes tues ou blessés, chiffre relativement minime comparé aux pertes subies par les asswiflants, dont ler mee jonchaient Ie pure où les pentes de le colline.
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La nuit était tout à falt venue; aussi, craignant une surprise, le colonel remit au lendemain le soin d'enterrer les morts.
Quant aux blessés, blancs et Hurons, ils avaient été transportés dans une ambulance installée par les soins du Père Florentin, qui pansa leurs blessures avec une angélique sollicitade.
Fidèle à la coutume européenne, le colonel avait voulu faire relever les blessés ennemis pour leur prodiguer des soins ; mals, outre les dangers que cette opération aurait fait courir a sos hommes, Taréas, en vrai Peau-Rouge, s'y était ener. giquement opposé.
Ne demandant jamais de grâce, 1 n’en accordait pas.
Force fut donc au colonel de renoncer à son généreux projet et de se courber sous cette dure nécessité qui répugnait à son our de soldat et de chrétien. Placé entre l'amitié des Hurons et la reconnaissance (problématique de ses ennemis, il ne lui était pas permis d’hésiter.
Lorsque l'ordre régna enfin dans la Mission et que chacun eût repris son poste de combat, les chasseurs canadiens allérent reprendre leur place dans les tranchées, afin de surveiller les mouvements de l’ennemi.
— M. de Vorcel interrogea alors Taréas sur son arrivée providentielle autant qu inattendue.
— Mon frère veut savoir? dit le chef, qui pensait que sa présence se passait de commentaires.
— Oui, chef, puisque j je vous le demande.
— J'étais allé, avec mes guerriers, rendre compte au 8900 chef des blancs d'une mission dont il m'avait chargé, quand j'ai appris que le chef de la prière allait être attaqué; alors po suis venu.
Taras prononça ces paroles simplement, comme si eût accompli la chose la plus naturelle.
Tant de grandeur d ume chez ce sauvage émerveilla le cola.
T chef, dit-il au Huron, vous êtes un noble cœur!
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L'ATTAQUE DB LA MISSION 89
En es moment, un homme sauta par-dessus le retranchement, à quelques pas du colonel.
— Qu'est-ce que celaf s’\oria ce dernier en armant un pistolet.
— Notirez pas, dit vivement l'inconnu, vous tueriezun ami.
— Sans-Pour ! fit le colonel avec étonnement.
— Lui- , mon colonel.
— D'où venez-vous donc ainsi?
— De la forêt. Je tenais à savoir ce qui s’y passait.
— Vous êtes un hardi compagnon! Vous aventurer ainsi au milieu de ces démons !
— Eh! eh! mon idée n’était pas trop mauvaise.
— Avez-vous donc appris quelque chose?
— Sans cela, serais-je de retour
— Ce que vous avez à me dire est grave, alors?
— Vous allez en juger, car le chef est assez notre ami pour que nous n’ayons pas de secrets pour lui. |
Le chef sourit avec satisfaction.
— Parlez donc, dit le colonel.
— Voilà l’affaire. En quittant le camp, il y a deux jours, je me suis dirigé vers la forêt, mais bientôt j'ai dû sauter dans un arbre pour n'être pas vu, car les Peaux-Rouges couraient en tous sens comme une légion de diables. Tout en me promenant d’arbre en arbre pour me rendre compte de leur nombre, j arrive au-dessus d’un feu autour pe une dizaine de chefs étaient réunis en conseil.
— Et vous avez pu entendre ce qu’ils disaient ?
— Distinctement. Mais je ne vous répèterai pas tout ce que J'ai entendu, car ce serait aussi long qu' inutile. Je me bornerai à vous dire que nous serons attaqués demain, vers midi.
— Habituellement, les Indiens ne tentent de surprise que la nuit, il me semble.
— Votre réflexion est extremement juste, mais, pour cette fois, ils dérogeront à leurs habitudes. En raison même de ce que
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lours coutumes nous sant connues, ils pensent que, en pisin jour, nous les surveillerons moins activement.
— C'est assez hien imaginé.
— Oui, pas mal; mais, malheureusement pour eux, nous sommes prévenus. Maintenant, voulez-vous connaitre le nom du chef qui est à la tête des Indiens
— Dites.
— Niocébah !
Le colonel ne put réprimer un frisson.
L'homme dont il s'était fait un ennemi mortel allait cer-
. tainement lui faire une guerre terrible et sans merci.
Le chef, lui, sourit d’un air sinistre.
— Niocébah est un chien! dit-il; Taréas prendra sa chevelure!
— En attendant, dit Sans-Peur, fl s'apprête à prendre les nôtres. Mais, ajouta-Wil d'un air soucieux, il est une chose buli m' tonne. 06
— Laqueie, mon ami? demanda le colonel.
— À quelques pas des chefs, j'ai aperçu un groupe formé par une vingtaine de blancs. Nous ferons bien de nous méfier, cer ces gens-là pourraient fort bien tenter de s introduine parmi nous pour nous espianner.
— ils n’entreront pas ici sans être vus.
— C'est vrai; mais ils pourraient 48 présenter à vous pour s ‘tire engager.
E Quant à cela, vous pouvez être tranquille. Quoique
je ne sois pas comme vous au fait des coutumes de la guerre
indienne, je ne serais pas assez imprudent pour accepter ainsi
Je premier venu.
— Nen acceptez aucun, quel qu'il 80ſt.
— Je vous le promets.
— Bien. Maintenant, je vais aller me reposer un peu.
‘Sans-Peur souhata le bonsoir au colonel et se dirigea vers sa hutte.
Taréas ne tarda pas à en faire autant, et M. de 1 resta
seul, livré à ses pensées.
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