‹ Le chemin de DamasChapitre 6 sur 7 · ADIEU A DAMAS · texte numérisé non relu

ADIEU A DAMAS

ce lieu est tranquille ! Quel repos, après la bataille, pour le guerrier couché là ! De fois à autre le gardien, aussi minable que le tombeau, m'apportait quelques fruits qu'il avait mis à rafraîchir. Et tout en mangeant des abricots (ces abricots de Damas qui sont incomparables), je me disais à moimême : « 0 Saladin, je vous ai toujours aimé, presque comme un héros de chez nous. Vous étiez si peu différent des chevaliers de la Croisade ! Vous portiez la même armure que les seigneurs amis de Dieu, et vous aviez à peu de chose près les mêmes conceptions de la vie. Vous défendiez contre eux une civilisation qui ressemblait beaucoup à la leur, et même qui la dépassait. Jamais peut-être l'Occident et l'Orient n'ont été plus rapprochés, ni plus près de se com-

prendre qu'au temps de cette lutte épique où vous avez triomphé... Mais depuis ces jours lointains, voyez ce qu'est devenue votre ville ! Mongols et Turcs ont installé ici leur barbarie et leur morne indifférence. Ils ont laissé s'en aller à la mort tout ce que vous aimiez, tout l'art et toute la science que Damas avait hérités de la longue suite des siècles. Ceux qui prétendent aujourd'hui reprendre contre l'Occident la lutte que vous avez menée, n'ont plus les mêmes belles raisons qui vous conduisaient au combat. Et je crains bien qu'en repoussant l'amitié de l'Europe, parce qu'elle leur semble intéressée, ils ne défendent que l'illusion d'être encore maintenant ce que vous avez été jadis... *

Auquel de ces deux mausolées, les

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