SCÈNE XIII L£S Mêmes, ESTELLE
KSTELLE, courant an commaDdaot«
Commandant, maman est désolée, une indisposition subite l'a forcée de rentrer chez elle, et elle m*a chargée de vous apporter ses regrets.
LE COMMANDANT
Toujours ces méchantes migraines !
ESTELLE
Toujours; mais maman vous verra demain, car j'espère bien qae vous êtes ici pour quelque temps?
LE COMMANDANT
Mais je crois bien.
ESTELLE, à Henri.
Je pense, monsieur, que la présence de notre bon ami parviendra à dissiper ces gros nuages qui, depuis six semaines surtout, se sont amoncelés sur votre front.
HENRI
Mademoiselle !
LE COMMANDANT
Comment? comment?
ESTELLE, an eomniandant.
Oui, je VOUS dénonce le capitaine comme tournant à la plus noire misanthropie... c'est-à-dire qu'à peine pouvons-nous ravoir à nos réunions, et, quand monsieur est absolument forcé d*y paraître, monsieur est d'une tristesse 1... On lui garde des polkas, des contredanses, et il
oublie de les réclamer. Ce n'est pas naturel!... (au commandant.) Du reste, ne l'avez-vous pas trouvé changé ?
LE COMMANDANT
Mais pardon! (a Henri.) Tu vois bien que je n*ai pas été le seul à remarquer. . .
HBNR1| bas an commandant.
De grâce! n'insistez pas, je vous dirai tout.
LE COMMANDANT
Âh!
ESTELLE» bas au commandant.
Vous le confesserez?... Et... ce que vous aurez appris... vous me le direz? et vous ne le direz qu'à moi.
LE COMMANDANT, à part, regardant Henri puis Estelle.
Tiens ! tiens ! tiens !
ESTELLE, un peu troublée.
Comme vous me regardez...
LE COMMANDANT
Ah! écoutez donc, tout à l'heure je vous avais à peine entrevue. Savez-vous bien que vous êtes encore plus jolie qu'autrefois?
ESTELLE, riant.
Tiens!... on est donc galant dans vos campagnes?
Mais je vous prie de croire qu'il n'y a pas que des Murons.
ESTELLE
Ah! c'est égal... c'est trop loin! vous devez vous ennuyer à mourir là-bas...
LE COMMANDANT
Mais non, je vous assure. Je lis, je chasse, je pèche !