SCÈNE XII
LE COMMANDANT, HENRI
LE COMMANDANT, regardant à la cantonade.
Comment appelles-tn ce monsieur que noas avons croisé là-bas?
HENRI
Le marquis de Parisiane. Pourquoi me demandes-tu cela, père ?
LE COMMANDANT
Ah 1 c'est qu'il m'a semblé qu'à sa vue. . . tu n'avais pu réprimer comme un mouvement de répulsion.
HENRI
C'est vrai !... j'avoue que cette rencontre, à laquelle j'étais si loin de m'attendre, m'a été on ne peut plus désagréable!...
LE COMMANDANT
Où donc as-tu connu le marquis ?
HENRI
A Paris, l'an dernier. J'ai servi de témoin contre lui à l'un de mes meilleurs camarades de régiment, Armand deGreuze!... Pauvre Armand, je l'ai soigné pendant cinq semaines, et je n'oublierai jamais son désespoir
alors qu'il lui fut prouvé que sa blessure le mettait dans" la nécessité de quitter le service.
LE COMMANDANT
C'était triste assurément... mais, dame ! que veux-tu ? un duel est un duel.
HENRI
Aussi ne gardé-je pas rancune de la fatale issue de celui-là à monsieur de Parisiane qui s'est conduit dans cette affaire en vrai gentilhomme. Mais que veux-tu? on ne raisonne pas avec ses antipathies, et la mienne est invincible!... mais c'est assez nous occuper de cet étranger; parlons de toi, cher père!... de qui j'étais séparé depuis si longtemps et que je suis si heureux de revoir.
Il l'embrafse.
LE COMMANDANT, qni l'ezamloe.
Mais parlons de toi aussi... Est-ce que tu as été malade ?
HENRI
Moi?
LE COMMANDANT
Je te trouve changé, maigri !
HENRI
C'est une idée que tu te fais.
LE COMMANDANT
Tu crois ? tant mieux ! . . .