SCÈNE PREMIÈRE
LE COMMANDANT, HENRI, Invités, .«fond.
HENRI
Eh bien? père, tu n'as donc rien à me dire?
LE COMMANDANT
Que veux-tu que l'on dise quand on vient de recevoir une cheminée sur la tête?... et c'est mon cas... Il y a une heure encore, j'étais tranquille, heureux de ta position auprès de ton général, au sein de cette famille qui te
considère presque comme Tan de ses membres, et puis... patatras!... tu m'apprends que tu es décidé à renoncer à tous les avantages qui te sont offerts ici, pour aller en Algérie soumettre quelques tribus... qui se soumettraient bien sans toi ; et cela, parce qu'un beau matin tu t'es aperçu que tu étais éperdument épris de mademoiselle de Givres et que, le soir venu, tu as dû reconnaître que tu ne pourrais jamais l'épouser? J'ai bien compris, n'estce pas?
HENRI
. Oh! parfaitement.
LE COMMANDANT
Mais, cependant, une supposition ! si mademoiselle de Givres t'aimait, elle aussi, est-ce que l'obstacle, que je ne connais pas encore, mais qui, selon toi, s'oppose à ton mariage avec elle, subsisterait tout de même?
HENRI
Tout de même?
LE COMMANDANT
Mais cet obstacle?... d'où et de qui vient-il?
HENRI
De toi, mon père.
LE COMMANDANT
De mqi?... et comment? du diable si je... (Tristement.) Ah ! j'y suis... c'est la question de monnaie! il ne faut pas m'en vouloir, Henri...
HENRI
Hein?
LE COMMANDANT
Ta mère avait bien peu de chose, moi je n'avais que ma solde... et les épaulettes coûtent si cher.