ACTE DEUXIÈME
ESTELLE
Ek bien t cette maison hospitalière pourquoi vouiezvous la quitter?
HENRI
Mais précisément, parce que j'y suis trop heureux, mademoiselle. Pour former un soldat, il faut la latte, les dangers, les privations, la misère... A l'ombre tutélaire de la f&inille, dans le calme du foyer, le courage s'éteint, l'ambition s'endort !
ESTELLE
Et vous êtes ambitieux.
HENRI
Oui, je l'avoue I... Les grands cordons des généraux, leurs épaulettes étoilées flottent et scintillent dans mes rêves !.•• et... comme ces épis-là ne se peuvent glaner qu'après les moissons humaines, je vais où Ton fauche encore 1
LE MARQUIS, à part.
Que peuvent-ils se dire ?
ESTELLE
Je le vois!... l'ambition remplace tout ! elle fait tout oublier... ainsi, au milieu de vos rêves, vous avez oublié votre père... Il n'est plus jeune, votre père !... Je... je l'ai même trouvé bien changé... tout à l'heure il se plaignait devant moi... Ah ! il serait bien affligé, j'en suis sur, s'il connaissait votre projet...
HENRI
Mais il le connaît.
ESTELLE
Et... ill'appronve?
HBNRI.
Il l'approuve I
BSTBLLB.
Ah ! c*est différent I... et je n'ai plas rien à dire.
HBNRI, àpart.
Quel supplice !
BSTELLB.
Et... quand partez-vous?
H^NRI.
Dans quelques jours.
BSTBLLB.
Combien ?
HElfRI.
Deux ou trois peut-être.
BSTBLLB.
Trois?... Vous nous écrirez... il faudra nous écrire... aussitôt votre arrivée.
HBNBI.
Aussitôt.
BSTBLLB.
Oui, aussitôt... Quand vous irez en expédition vous nous écrirez aussi?
HBNRI.
Oui, oui. (a part.) Oh I qu'Ole me fait de mal !...
BSTBLLB.
Et puis... quand l'expédition sera terminée... et que voas aurez obtenu ce grade nouveau, seul objet de vos espérances, il faudra nous écrire encore.