‹ Le chemin de fer de Q.M.O. & O. [microforme]Chapitre 1 sur 3 · DÉPUTÉ DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

DÉPUTÉ DE MONTMORENCY

M. l'Orateur. La session doit finir l'ientôt et il st évident, d’après ce qui * : passe ce soir, qu’elle finira comme ‘lle a commencée. Ou se souvient, en «‘fet, que lors des débats sur l'adresse, Je: parti miaistériel resta muet el refusa ue répondre aux graves accusatiôris qui f rent portées contre je gouvernement piir ce côté-ci de la Chambre. Ce spec-

tacle si étrange, si extraorcinaire se répète re soir. Le gouvernement laisse

faire la dis :ussion sur l’admiuistraton du chemin de fer de Q. M. O.et O. et ne relève pas le gant que nous lui avons jeté. Qu'est-ce que cela prouve ?

C’est que nos adversaires n’ont rien à répliquer et comme le dit le proverbe :

qui ne dit mot consent.

Je crois que cette Chambre ñe- peut fermer plus longtemps l'oreille aux mur-

à l'autre de la Province et qu'il est temps de donner à l'opinion publique une satisfaction à laquelle elle a droit.

N'oublions pas que nouùs sommes ici les représentants de cette opinion fublique justement alarmée et qu'en ‘iotrè. qüafité.de mandataires du peuple, nous ne pouvons pas ignorer plus longtemps le malaise, l'inquiétude, le mécontentement même qui règnent dans la Province au sujet de l'administration d'une propriété qui constitue presque tout notre domaine provincial, je yeux parler du chemin de fer du Nord.

Oui, M. l'Oïateur, personne ne niera que le peuple de cette Province est profondémert alarmé à l'endroit de l'administration de ce chemin de fer.

Des accusations du caractère le plus

mures qui se font entendre d’un bout | grave ont été portées par la presse

contre le surintendant nommé par le gouvernement. (Un journal de cette ville surtout, L'ÊLECTEUR, a été le premier à jeter le cri d'alarme, il a dénoncé M. Sénécal et son entourage, avec une vigueur et un courage remarquables. Les poursuites dirigées contre lui par M. Sénécal ne l'ont pas arrêté dans ses dénonciations au’il affirme être prêt à prouver. Mais, il y a plus, on a vu des journaux ministériels comme le Chronicle de cette ville partager ces appréhensions et soutenir énergiquement que les plus grands intérêts du public étaient en péril.

Désireux de calmer la conscience publique, le gouvernement fit dire à son de trompettes par ses organes, petits et grands, que dès le début de la session, tout ce qui concerne le chemin de fer de Q. M. O. et O. serait mis devant la Chambre et que la députation aurait toutes les facilités possibles d'examiner minutieusement l'administration de ce chemin. La presse ministérielle déclara solenheilemént quais cune information ne."setait: roftaéu; qu’une enquête serait accordée et que M Sénécal en sortirait blanc comme neige et que l’auréole de ses vertus administratives éblouirait les yeux les moins bien disposés. +

On crut un moment dans le public à la sincérité de ces promesses et l’on en #ttendit l’accomplissement avec anxiété. Néanmoins l’hon. M. Joly, toujours si vigilant quand il s’agit de défendre les droits du peuple, n’ajouta qu'une foi médiocre à ces promesses.

le gouvernement en demcure de tenir ses engagements.

Le 2 mai, cinq jours après l'ouverture de la session, M. Joly mit sur les ordres du jour une motion à l’effit ‘ qu'un comité, composé de MM. Irvine, Beaubien, Mercier, Mathieu et Beaudet fut formé avec instruction de s'enquérir généralement de tout ce qui concerne le chemin de fer de Q. M. O.

et O. depuis le 1er Novembre 1879 et

de faire rapport ; avec pouvoir d’envoyer chercher personnes et papiers.”

Comme on le voit c'était une excellepte occasion pour le gouvernement de montrer que sa position était inattaquable et que toutes les accusations lancées par la presse libérale étaient autant de faussetés qu’elle ne pourrait établir. Mais non, bien loin de là, le gouvernement combattit avec obstination la formation da comité demandé. Il fit plus : dans la crainte de voir quelques-uns de ses partisans V’abandonner sur cette question, M.

Çhapleñu déclare, qu'il prendrait cette enquêté demänaëe-comme un vote de non-confiance. C'était dire qu’il ne voulait pas d'enquête. Car ses amis qui tiennent beaucoup plus au pouvoir qu'aux intérêts de la Provinces votèrent pour refuser l'enquête. Voila comment le gouvernement et ses amis ont tenu leurs promesses.

Cette attitude si extraordinaire du gouvernement, ce désir si ardent de soustraire à la Chambre l’administration de M. Sénécal excita le mécontentement de quelques députés ministé-

Aussi dès le début de la session, il mit |riels ; il fallait les rassurer, leur don-

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