‹ Le chemin de fer du Lac Saint Jean [microforme]Chapitre 26 sur 47 · LE ‘“ WINDSOR ” DES LAURENTIDES.——-GRAND BAL FORESTIER · texte numérisé non relu

LE ‘“ WINDSOR ” DES LAURENTIDES.——-GRAND BAL FORESTIER

Voici le Windsor, bâti sur un escarpement qui domine la rivière et escorté, comme d'autant de satellites, d’une douzaine de huttes qui ont déjà un petit air de civilisa-

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tion, et qui, juchées ça et là, un peu au hasard, sur les nombreux reliefs du terrain, forment, aux abords de la Batiscan, nn groupement des plus pittoresques et des plus ingénieux. Le Windsor restera célèbre dans les annales du chemin de fer du Lac Saint-Jean. C’était une hutte comme toutes les autres, mais beaucoup plus spacieuse et bien mieux faite, bourrelée et capitonnée dans les intervalles des troncs d'arbres, ayant des divisions à l’intérieur, un rez-de-chaussée où se trouvait une grande salle à manger, plusieurs chambres privées et un premier étage qui, converti en doitoir, pouvait loger commodément une trentaine d'hommes. C’est là aue fut donné, dans l’automne de 1886, un grand bal, auquel assistèrent une soixantaine de gentlemen, de dames et de demoiselles de la ville, venus dans un convoi spécial.

Ce fut un spectacle inouï, invraisemblable, que celui de ce bal donné en plein cœur de la forêt, précédé d’un souper auquel prirent part au moins deux cents convives, dans un encadrement de verdure, en présence de mets exquis et de desserts savoureux, le tout emporté de la ville, avec les élégants et les élégantes du convoi. Les vins et les discours débordèrent, mais sans amener la moindre inondation dans les cerveaux ni le moindre écart daus l'allure générale. Aussitôt le souper des invités et des principaux employés terminé, vinrent réveillonner à leur tour cent cinquante à deux cents travailleurs, de tous grades, qui firent table rase des mets encore fumants

et vidèrent jusqu’à la dernière bouteille, sans ressentir d'autre ivresse que celle de la joie et du plaisir de ia fête.

Le bal dura jusqu’au petit jour, et, à un signal donné, le Windsor se vida comme par magie; deux convois partirent simultanément, l’un ramenant à la ville les invités, l'autre ramenant les employés et les travailleurs à l'extrémité de la ligne, vingt et un milles plus loin, où l’un des entrepreneurs de section, M. Aldough, ayant sous ses ordres environ 400 hommes, tenait alors son quartiergénéral provisoire.

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