‹ Le chemin de fer du Lac Saint Jean [microforme]Chapitre 8 sur 47 · CONCURRENCE INATTENDUE · texte numérisé non relu

CONCURRENCE INATTENDUE

Cette compagnie se présentait sous des dchors alléchants, comme il convient de le faire lorsqu'on parle au

nom de la colonisation. Elle offrait des avantages incontestables, entre autres une grande économie dans le coût de l’entreprise, puisqu'elle proposait d’utiliser tout le parcours navigable du Saint-Maurice, entre les Piles et et LaTuque. Elle tenta de tous les moyens imaginables pour engager la compagnie de Québec et du Lac Saint- Jean à abondonner ses projets, et, n’y pouvant réussir, “elle présentait au gouvernement, pendant la session de 1879, une pétition en apparence parfaitement motivée, dans laquelle elle alléguait “que la construction du chemin de fer projeté par elle était destiné à relier les établissements de la vallée du lac Saint-Jean aux aunciennes paroisses du Saint-Laurent, par la seule voie reconnue comme posssible, celle qu’offrent les vallées de la Batiscan et de la Ouiatchouane ; que ce dernier serait de nature à développer rapidement la colonisation dans cette partie du pays, tandis que, sans l'établissement d’une voie ferrée duns ces cantons, la colonisation serait toujours très lente et rencontrerait des obstacles insurmontables, et elle concluait enfin à ce que le gouvernement lui accordât une subvention de vingt mille acres de terre par mille de chemin à construire. Le prix des terres vierges de cette région étant de vingt centins lacre, la subvention demandée équivalait par conséquent à un subside de quatre mille dollars par mille, montant accordé en moyenne par le gouvernement aux entreprises de chemin de fer de la rive sud du Saint-Laurent.

du Lac Saint-Fean 23

Malgré l’activité déployée par la compaguie nouvelle, il ne fut pas donné suite à la pétition qu’elle venait de présenter. Tous les moyens de persuasion mis en œuvre par elle le furent en pure perte. Les directeurs de la Compagnie de Québec et du Lac Saint-Jean, bien différents en

cela du trésor provincial, ne purent être entamés.

Quelques-uns d’entre eux même sacrifièrent à leur patriotique entreprise tout ce qu’ils possédaient, et si les travaux purent être continués à cette époque, ce fut à force d’économie, de détermination et, particulièrement, grâce à la présence, au milieu des directeurs, d’un millionnaire qui a avancé tous les fonds nécessaires pendant un bon nombre d’années.

CAE NRE"

Mise en éveil par le danger dont la menagçait une rivale improvisée, la Compagnie poussa vigoureusement ses travaux dans la direction de Saint-Raymond, afin de pouvoir compléter au moins la première section de sa ligne ; elle dépensait en travaux plus de trois cent mille dollars, donnait de l’ouvrage à cinq cents hommes, à part les artisans spéciaux de la construction, faisait l'acquisition d’un matériel roulant considérable et pouvait enfin livrer

au publie le premier tronçon de sa ligne le 1er décembre

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