‹ Le Chemin de fer du Pacifique [microforme]Chapitre 1 sur 20 · M. L'ORATEUR · texte numérisé non relu

M. L'ORATEUR

J'avais l’intention de soumettre à la Chambre les résolutions concernant le chemin de fer canadien du Pacifique, telles que requises par les circonstances survenues entre la période à laquelle les résolutions ont été adopiées, à la dernière session, et la date actuelle ; mais je ne crois pas devoir procéder de cette façon ; car il vaudrait mieux que l'honorable député de Durham-Ouest eût l’occasion, quand j'aurai terminé mon exposé, de proposer la motion dont il a donné avis, ce qu'il ne pourrait faire si je soumettais à l'instant les résolutions que je demanderai plus tard à la Chambre de sanctionner. En prenant la parole sur l’une des questions les plus importantes, je me propose en cette circonstance, comme je l’ai fait à la dernière session lorsque je traitai le même sujet, d'éviter, dans la critique loyaie et sincère que je serai obligé de faire de la politique ds honorables membres de la gauche, de me servir d’une seule expression qui soit de nature à détourner l'attention du mérite même de cette question. Je crois que, s’il est un sujet qui doive être traité dans cette Chambre d’une façon calme et judicieuse, c’est bien l'important sujet du chemin de fer canadien du

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Comme les honovables membres de la gauche paraissent avoir modifié leur manière de voir, ainsi que nous le fait présager l'amende. ment proposé par l'honorable député de Durham-Ouest, je vais, d’une façon aussi brève que possible, établir la position que les deux partis occupent, selon moi, en rapport avec cette question. La Chambre se rappelle que, lorsque ce gouvernement occupait le pouvoir en 1871, et que la Colombie britannique fut admise dans la Confédération, il fut résolu que nous nous occuperions de régler cette grande question de la construction du chemin de fer canadien du Pacifique, qui devait donner une communication plus rapide et plus facile #ntre toutes les différentes provinces. Lorsqu'une proposition formelle fut faite à la Chambre en 1872, dans Le but de mener à bonne fin cette entreprise, le gouvernement proposa d'accorder $30,000,000 et 50,000,000 d’acres de terre dans le but de faire face à la dépense. Bien plus, pour calmer les craintes qui existaient dans cette Chambre au sujet de la très-grande responsabilité que le gouvernement était sur le poiut d’encourir, une proposition fut adoptée, et elle fut réellement incorporée dans les conditions d'union avec la Coiombie britannique, à l'effet que ce chemin serait construit, non par le gouvernement, mais par une compagnie privée, subventionnée par des concessions de terre et un subside en argent. Mais cette proposition fut restreinte par une déclaration expresse que la construction de ce chemin ne devrait pas avoi: pour effet d'augmenter les impôts alors existant.

M. BLAKE : Ecoutez, écoutez !

SR CHARLES TUPPER : Je suis un peu surpris que l'honorable député de Durham-Ouest réclame contre l’assertiou que cette proposition formait partie des conditions d'union avec la Colombie britannique ; car le gouvernement dont cet hoaor’hle monsieur formait partie plus tard jugea convenable de recourir à cette résolution et de Pincorporer dans un arrêté du conseil qui fut communiqué à la Colombie britannique, ainsi qu'au gouvernement impérial, dans le but de bien faire comprendre la nature de l'engagement qui avait été conclu

Je suis persuadé qu’il n’est pas un seul membre dans cette Chambre, qu’il n’est pas un seul homme intelligent dans le pays qui

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cette entreprise à ces conditions, si la chose eût été possible. Les honorables membres de la gauche déclarèrent, en plus d’une circonstance, que cette subvention n’était pas suffisante pour assurer la construction du chemin de fer canadien du Pacifique. Je crois que l’honorable député de .Lambion, lorsqu'il était chef du gouvernement, déclara, dans une assemblée publique à Whitby, que nous aurions pu tout aussi bien offrir $10 que 830,000,000 et 50,000,000 d’acres de terre dans le but d'assurer la construction de ce chemin, tant il était convaincu de l'insuffisance absolue des moyens proposés.

Il serait inutile de discuter les causes qui ont empêché le gouvernement d'accomplir cette entreprise à ces conditions. Ce côté là de la question est suffisamment connu pour rendre les commentaires superflus. Lorsque nous laissâmes le pouvoir, ia responsabilité de traiter cette grande question retomba sur l'honorable monsieur qui, durant les cinq années subséquentes, fut le chef du gouvernement de ce pays. Eh! bien, nous devons tous admettre, je crois, que les gouvernements successifs doivent montrer beaucoup äe déférence et se tenir responsables dans une grande mesure de l'exécution de la politique de leurs prédécesseurs.

Nous sommes tous d'accord sur le fait que c’est dans les plus graves circonstances seulement qu’une nouvelle administraticn peut répudier, si je puis parler ainsi, les engagements pris par ses prédécesseurs, avec l'assentinent du parlement, au sujet d’une grande question publique. Mais j'admets parfaitement qu’il était loisible à l'honorable député qui fut alors appelé à former une nouvelle administration, de dire qu'ayant combattu, dans le parlement, la politique relative à la construction du chemin de fer canadien du Pacifiqu?, parce que ce pays ne pouvait pas s'engager dans une entreprise aussi gigantesque sans porter sérieusement atteinte à la condition financière du pays, il refusait de se tenir responsable de l'engagement pris par ses prédécesseurs.

L'honorable monsieur pouvait d'autant plus agir de cette façon, que le parlement ayant déclaré que le chemin serait construit seulement par une compagnie privée subventionnée omme je l'ai dit plus haut, et que la tentative de construire le chemin d’après les conditions autorisées par le parlemernit ayant échoué, il pouvait fort bien déclarer à la

Chambre qu'il ne pouvait mettre à exécution la politique de ses prédé cesseurs.

L'honorable monsieur n’adopta pas cette ligne de conduite. Peu après son avènement au pouvoir, il visita ses électeurs, dans le but de déclarer, en sa qualité de premier iniuistre, quelle serait la politique de son gouvernement sur celte grave question. A la grande surprise de beaucoup de ses amis, de mème qu’à l'étonnement de ceux avec lesquels il avait différé d'opinion à ce sujet, l'honorable monsieur s’engagea, de la façon la plus absolue, à construire le chemin de fer canadien du Pacifique. Voici les paroies mêmes qu’il prononça et que j'emprunte à l'organe de son parti dans cette ville :

‘# J'ai toujours cru qu’une voie rapide de communication à travers le continent était nécessaire dans le but de coloniser et d'établir une région qui possède les plus grandes richesses naturelles. Sans cette

communication, cette région ne saurait se développer et l'émigration ne saurait y affluer.”

Eh! bien, la déclaration qu’il nous faut peupler notre grand Nord-Ouest, que la construction du chemin de fer canadien du Pacifique est nécessaire au développement des grandes ressources du Canada, voulant sans joute faire allusion aux ressources minérales de la Colombie britannique, jointe à la déclaration qu’on ne pouvait espérer l'immigration dans ce pays à moins que ce chemin ne fût construit, liait, pour {a plus grande raison d'intérêt public, l'honorable monsieur à la construction de ce chemin.

Mais l'honorable monsieur alia encore beaucoup plus loin. Il déclara dans ce discours qu’il avait l'intention d'accomplir cette grande entreprise d’une façon toute différente de celle de ses prédécesseurs, et qui, cependant, avait reçu la sanction du parlement, c’est-à-dire de construire ce chemin comme entreprise du gouvernement. Pour se justifier, il dit que, si le chemin était construit par le gouvernement, ce serait le peuple qui en aurait le bénéfice et non les entrepreneurs. En conséquence, l'honorable monsieur soumit au parlement une mesure pour construire le chemin de fer canadien du Pacifique. Il a souvent signalé le fait que l’une des premières clauses de cet acte décrétait qu’on ne devait pas augmenter le chiffre existant des impôts ; qu’il s’en était tenu à la politique proposée par le cabinet précédent et sanctionnée

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par le parlement; qu’il ne devait pas y avoir d'augmentation d'impôts causée par cette entreorise ; mais il n’a pas rappelé cet autre fait que le parlement avait décrété que ce cherain ne serait pas construit par le gouvernement, mais par une compagnie privée à l'aide d’une subvention de terre et d'argent: proposition qui fut adoptée par cet honorable monsieur lui-même et ses partisans.

Cette disposition fut entièrementsupprimée. Ilest vrai, cependant, qu’il pourvoyait, dans son bill, à l'exécution de l’entreprise à peu près de la même manière que celle qui avait été proposée par ses prédécesseurs, s’il se présentait des personnes pour construire le chemin à ces conditions. Je crois que ceux qui n’ont pas lu récemment cet acte seront un peu surpris d'apprendre qu’il alla plus loin que ses prédécesseurs quant aux moyens d'action que devait fournir le gouvernement pour construire le chemin. L’honorable monsieur disait tout cela dans son bill, ainsi que les citations suivantes en font foi :

“1, Un chemin de fer qui sera appelé ‘ le chemin de fer canadien du Pacifique,” sera construit entre quelque point près et au sud du lac Nipissing et quelque point de la Colombie britannique sur le littoral de l’océan Pacifique, ces deux points devant être déterminés et le tracé du dit chemin de fer devant être approuvé par le gouverneur en conseil.”

La sanction du parlement n’était pas même nécessaire pour adopter une ligne, et ceite ligne devait s'étendre d’un endroit du lac Nipissing à nn endroit de la Colombie britannique sur le littoral du Pacifique. L’honorable monsieur fait ensuite part de ce qu’il donnera à la compagnie qui se chargera de l’entreprise. Voici ce que décrète la section 4:

‘4, Une quantité de terres, n’excédant pas vingt mille acres pour chaque mille de la section ou sous-section entreprise, sera affectée à la construction du chemin de fer, en sections alternatives de vingt mille acres chacune, le long de la ligne du dit chemin de fer, ou à une distance convenable de cette ligne, chaque section n'ayant pas moins de trois milles ni plus de six milles de front sur le chemin de fer, et les deux tiers de la quantité de terres ainsi affectées seront vendus par le gouvernement à tels prix qui pourront, de temps à autre, être convenus entre le gouverneur en conseil et les entrepreneurs ; et il sera rendu compte du produit de ces ventes, et ce produit sera payé aux entrepreneurs semestriellement, sans aucun frais d'administration ou

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de gestion ; et le tiers restant sera transporté aux entrepreneurs. Ces terres devront être d’une bonne qualité moyenne, ei ne comprendront pas les terres déjà concédées ou occupées en vertu de lettres patentes, permis d'occupation ou droit de préemption ; et s’il ne s'en trouve pas en quantité suffisante dans le voisinage immédiat du chemin de fer, alors la même quantité, ou ce qu'il en faudra pour compléter cette quantité, sera affoctée à tels autres endroits qui pourront être détsrminés par le gouverneur en conseil.”

J'attire l'attention de l'honorable député de Norfolk-Nord sur cet acte, auquel il voulut bien donner un cordial appui lorsqu'il fut soumis au parlement. dJ’attire son attention sur ce fait, car il démontre que l'honorable monsieur m'avait pas alors tant d’objection à ce qu'une grande section de terrain, le long du chemin de fer du Pacifique, tombât aux mains d'entrepreneurs. Le cabinet précédent alla plus loin que ses prédécesseurs ; Car si nous proposions de donner 50,000,000 d’acres de terre et $30,080,000 en argent, il n'a jamais été question alors d’assumer le coût et la responsabilité d’administrer et de vendre les deux tiers des terres et de dégager les entrepreneurs de cette charge. Ainsi le parlement autorisa ces honorables messieurs à donner 50,000,000 d’acres de terre et $30,000,000 en argent, tout en pourvoyant à la dépense nécessaire pour administrer et vendre les deux tiers des terres qui devaient être la propriété des entrepreneurs.

Passons maintenant à la question des explorations. D’après notre contrat, la compagnie chargée de l’entreprise devait payer toute la dépense encourve pour cette fin jusqu’à la date du contrat, tandis que l'acte adopté zar nos prédécesseurs décrète que

“ Les frais d'exploration et de tracé de la ligne pour les différentes sections et sous-sections du dit chemin de fer formeront ou non partie de la subvention ou considération accordée aux entrepreneurs, suivant qu'il pourra en être décidé par le gouverneur en conseil et convenu dans le contrat passé avec les entrepreneurs.”

De sorte que le gouvernement se proposait, non-seulement de donner toutes les terres que nous proposions d'accorder, mais de supporter la dépense de l'administration des deux tiers des terres et d’exempter les entrepren’urs des arpentages ou de la localisation d’aucune partie du chemin.

L’honorable monsieur ne s'arrêta pas là. Ayant changé les décrets du parlement au sujet de cetle grande obligation de construire le

chemin de fer canadien du Pacifique, puisque le gouvernement luimême avait le pouvoir de donner le contrat à la compagnie qui construirait le chemin aux conditions prescrites par l’acte, ou de construire ce chemin lui-même comme chemin du gouvernement, cet honorable monsieur, je le répète, ne s'arrôta pas là.

Si grandes qu'aient été les craintes qu’il a manifesiées au sujet des sérieuses obligations que nous avions assumées, il voulut, cependant, rendre le gouvernement directement responsable de toute la dépense de l'argent nécessaire pour construire la ligue depuis le lac Nipissing jusqu’à l'océan Pacifique. Ainsi l'honorable monsieur lia le pays, outre la dépense que nous avions proposée, à des obligations beaucoup plus onéreuses. Le cabinet précédent était d'avis que, s’il pouvait amener le chemin de fer à Nipissing, ce serait un avantage suffisant pour engager les lignes d’Ontario et de Québec, allant les unir vers Québec, et les autres au sud vers Toronto, à établir une liaison à ce point.

Mon honorable prédécesseur soumit en même temps au parlement une mesure pour assurer la construction de l’embranchement de la baie Georgienne et pour donner une subvention de $1,440,000 au che. min de fer du Canada Central. Quoique l’embranchement de la baie Georgienne traversât une terra incognita, que la ligne ne fût pas arpentée, et que des ingénieurs éminents eûssent déclaré qu’elle était impraticable, l'honorable monsieur s'engagea comme chef du gouvernement, il lia par là même le gouvernementet le pays à cons. aire depuis le terminus du Canada Central, à l’est du lac Nipissing, ‘usqu’à l'embouchure de la rivière des Français, une ligne qui devait coûter, suivant un calcul très modéré, 82 560,000. Cela fait $4,000,000 qu’il se proposait de dépenser, outre l'obligation de construire le chemin de fer canadien du Pacifique avant d’atteindre le terminus Est, c’est-à-dire au sud-est du lac Nipissing.

Mais il pourra répondre: “Tout cela est sujet à la limite prescrite par le bill au sujet de la non augmentation des impôts.” Malheureusement pour lui, et malheureusement pour l'honorable député qui siége en arrière de lui et qui semble maintenant prêt—je ne dirai pas à répudier la politique de son propre chef, mais à prendre une part proémi-: nente dans une proposition qui, je le craius, sera considérée comme une répudiation de ieurs obligations—l’honorable monsieur, qui était

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alors ministre des finances, soumit au parlement une proposition comportant que, pour faire face à la Gépense, il lui fallait demander au parlement d’iinposer une taxe additionnelle de $:,: 00,900. Ainsi donc, lhonorabie monsieur a imposé cette taxe additionnelle. Et quand l'honorable député de Durham-Ouest prononça pius tard son fameux discours dans Ontario, il déciara que la Colombie britannique n’avait pas lieu de se plaindre ; car le parlement s'était non-seulement engagé 4 construire le chemin de fer du Pacifique, mais ave‘t imvoosé $3,000,000 de taxes additionnelles pour faire face à ses obligations, notamment celles qui avaient été contractées pour le chemin de f#r du Pacifique. Lorsque l'honorable monsieur imposa cette taxe additionnelle, ce bill était en même temps adopté, déc’ étant que l’entreprise ne devait pas entraîner une augmentaiion de taxes.

L'honorable monsieur se trouve donc dans le dilemme que voici: il doit, ou abandonner cette clause comme étant de nul effet, ou bien il est responsable, devant le parlement et devant le pays, d’une violation 1e la loi dans tous les débonrsés qu'il a pu faire depuis le moment où il a commencé à dépenser de l'argent sur le chemin de fer du Pacifique ; car il est indéniable que les impôts ont été 2lors augmentés. Chaque piastre des $11,000,000 dépensées pour ia constuction du chemin de ier jusqu’à rette date, a été dépensée par l'honorable monsieur en violation de la loi, ainsi que la balance des $28,000,000, requise pour compléter la dépense commencée; car, sans la dépense de cette dernière somme, les $11,000,800 auraient été déboursées en pure perte.

L’honorable monsieur a manifesté, lorsqu'il était dans l'opposition, un esprit d'antagonisme semblable à celui que les honorables membres de la gauche semblent d'sposés à montrer à l'égard de la politique proposée par le ministère actuel.

M. BLAKE: Lequel de ces messieurs ?

Sir CHARLES TUPPER : L’honorable monsieur qui m'interpelle pendant que je discute cette importante question me rappelle que. lorsqu'il était auparavant dans l'opposition, et que nous proposions alors un projet pour construire le chemin de fer du Pacifique que nous croyions fort praucable, et que nous savicns être dans l’intérèt du pays

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ae mener à bonne fin le plus tôt possible, lui et ses collègues s’opposèrent à ce projet; il me rappelle aussi qu'à l:ur avènement au pouvoir, bier Join d'abandonner cette entreprise et de se laisser aller aux craintes qu’ils avaient d’abord exprimées, l'honorable monsieur ne recula même pas devant lidée d'ajouter $4,000,000 au montant que

. Nous proposions pour la construction du chemin de fer du Pacifique à

l'extrémité Est de la ligne. Etque fit:il au sujet de l’autre extrémité du chemin? Il entra de propos délibéré eu négociation avec la Colombie britannique et Je gouvernement impérial, et, de crainte que les honorables messieurs aient oublié ces petites preuves d’inconséquence, je vais réclamer lindulgence de la Chambre pour citer l’une des pièces les L's importantes qui forment partie de nos archives publiques. Je veux parler du traité conclu entre le gouvernement du Canada et la Colombie britannique, puis le gouvernement impérial. J'aimerais pouvoir analyser le passage que je vais lire, mais je crains bien d’être obligé de le lire entièrement. Il se trouve à la page 539 des Débats de 1875.

Cette page renferme un extrait »zrbatim du traité, indiquant les obligations imposées par le premier ministre d'alors, qui siége aujourd'hu, de l’autre côté de la Chambre.

Voici comment s’exprimait lcrd Carnarvon :

‘“ Adhérant alors à l’ordre du jour dans lequel, le 16 d'août, j'ai établi les nrincipaux points sur lesquels il me paraissait qu'une meilleure entente devait avoir lieu en la définissant, j'en arrive maintenant à l'expression de mes conclusions. Elles sont :

1. Que le chemin de fer d’Esquimalt à Nanaimo devra être commencè aussitôt que possible et complété avec toute la promptitude praticable.

2. Que le travail d'exploration sur la terre femne sera poussé avec Ja plus grande vigueur. Après avoir considéré les représentations de vos ministres, ie crois n'avoir d'autre alternative que de m'en rapporter complètement ei sans hésitation à leur sentiment qu'aucun effort légitime et aucune dépense convenable ne doivent être énargnés, d’abord, pour déterminer la route que devra suivre la ligne, puis pour procéder à l'acquisition Ges machines. IL sorait désagréable pour moi s’il n’était pas possible de fixer strictement le minimum ou la dépense d’un ouvrage d’une nature aussi incertaine; mais heureusement, il est également impossible pour moi de douter que votre gouvernement ne fera pas loyalement tous ses efforts de manière à accélérer laccom- PHARE d’un devoir dicté par l'honneur et ia justice.

3. Que le chemin pour les voitures et la ligne télégraphique seront construits immédiatement. Il paraît y avoir quelque différence d’opinion quant au degré de valeur que pourrait avoir pour la province la complétion simultanée de ces deux entreprises; mais, prenant en considération ce qui a été dit, je suis d'opinion que l’on doit procéder de suite à exécuter ces travaux, tel que vous l'ont sagement suggéré vos ministres.

4. Que 82,000,000 par année, et non $1,500,000, seront le minimum de la anne pour les chemins de fer dons la province depuis la date à laquelle les explorations seront assez avancées pour permettre de dépenser ce montant. En spécifiant cette somme, je comprends que le gouvernement de la Puissance étant aussi intéressé que désireux de hâter l'achèvement des travaux qui doivent être entrepris, la dépense annuelle dépassera ‘e minimum de $2,000,000 autant que chaque année le permettra.

5. Enfin, que le ou avant le 31 de décembre 1890, le chemin de fer sera complété et ouvert au trafic depüis les bords du Pacifique jusqu’à À un certain lieu à l'extrémité ouest du lac Supérieur, où il se trouvera en rapport avec les lignes existantes de chemins de fer à travers une partie du territoire des Etats-Unis, et aussi avec la navigation des eaux canadiennes.”

Telles sont les conclusions auxquelles arriva lord Carnarvon comme médiateur entre la Colombie britannique et le premier ministre d'alors. On voit que le cabinet précédent s'était engagé à construire sans délai le chemin d’Esquimalt à Nanaïmo. Quelle devait en être À la conséquence, en premier lieu? Je suis certain que mon honorable prédécesseur ne voudra pas mettre en doute l'exactitude de mn calcul lorsque je dirai que ce chemin, suivant les plus basses ‘stimations, devait coûter $4,000,000. C'était donc ajouter $4,000,000, à l’extrémité occidentale du chemin de fer canadien du Pacifique, aux 84,000,000 & qu’il avait déjà résolu de dépenser à l'extrémité orientale.

Maïs ce n’est pas là le fait le pius grave. Quoique l'honorable monsieur n’eût pas tenu compte, en prenant une serablabie décision, de la clause du bill qui décrétait que l’eatreprise ne devait pas s’accomplir de façon à occasionner une augmentation d'impôts, il n'avait fait

aucune réserve par l'engagement conclu avec lord Carnarvon. J'aimerais à

à savair d’abord ce qu’aurait coûté la construction d’un chemin de roulage sur un parcours de 400 milles à travers les Montagnes Rocheuses. Cela n’ajouta-t-il pas une dépense énorme aux frais de construction du chemin de fer du Pacifique ?

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J'espère que l'honorable député de Durham-Ouest lira, notera, apprendra, étudiera attentivement ces conclusions qui reçurent l'appui cordial et l'approbation entière de l’ex-ministre des travaux publics. Je sais que l'honorable député de Durham-Guest se montra un peu revêche quand cet arrangement fut proposé. Je n’ai pas oublié non plus que, lorsqu'il siégeait de ce côté de la Chambre, il manifesta un peu cet esprit revêche qui le caractérise lorsqu'il ne fait pas partie du gouvernement.

L’honorable député de Durham-Ouest fit une interpellation au premier ministre, et quelle fut la réponse ? Fort de sa position, et conscient de l'importance de cette grande entreprise nationale, il répondit : “ Quant à la question de mon honorable ami le député de

4 Bruce Sud, je puis dire que nous n’avons rien à demander au parlement ;

nous n'avons aucun pouvoir à obtenir; nous devons seulement communiquer cette décision et demander à la Chambre de nous appuyer en acceptant les conditions qui ont été faites par l’entremise de lord Carnarvon, et cet appui, je n’en doute pas, nous sera généreusement accordé.”

N’avons-nous pas le droit de demander à ces messieurs qui étaient prêts à appuyer le chef de l'administration précédente lorsqu'il proposait, non-seulement d'engager ce pays à construire le chemin de fer canadien du Pacifique d’une extrémité à l’autre, mais d'ajouter 88,000,000 à toute la dépense qui fut jamaäs proposée par leurs prédécesseurs, puis d'ajouter le coût de la construction du chemin de roulage et de l'administration

des deux tiers des terres que les compagnies devaient recevoir—n’avons-

} nous pas le droit, dis-je, de leur demander de prendre notre position

franchement en considération ? Mon honorable prédécesseur comptait

sur l'appui de ses partisans en cette occasion, parce qu’il croyait agir

| dans l'intérêt du pays. Eh! bien, n’avons-nous pas le droit, en soumet-

tant une proposition beauco:n plus modeste et beaucoup moins oné-

| reuse, si on la compare au fardeau que les honorables messieurs de la

gauche ont voulu imposer au pays, de demander aussi ce même appui que le député de Lambton comptait recevoir lorsqu'il occupait ma présente position ?

L'honorable député de Durham-Ouest ne voulut pas sanctionner la proposition de l'administration précédente. Il est juste de reconnaître

qu’il témoigna son dissentiment de la façon la plus éclatante qu’un membre indépendant puisse donner lorsqu'il refusa de voter pour la construction äu chemin de fer d'Esquimalt à Nanaïmo. Mais, quoique la bonne foi et l'honneur du gouvernement et du pays eûssent été irrévocablement engagés à cette entreprise, lorsque l’autre branche du parlement eût décrété qu’elle ne se ferait pas, l'honorable monsieur lui même assuma la responsabilité de toutes les déclarations et de tous les actes de ce gouvernement en acceptant d’en faire partie. Bien plus, il entra non-seulement dans le cabinet, devenant ainsi responsable de cette politique, sans faire de réserve au sujet des ressources du pays, sans soulever la question de savoir si le chemin de fer serait achevé en 1890 d’une extrémité à l’autre, donnant ainsi une preuve tangible que ses vues s’accordaient avec celles du gouvernement; mais il montra qu’il était prêt à prendre $750,000 dans le coffre public du Canada pour offrir une compensation à la Colombie britannique, parce qu’elle avait généreusement renoncé à la dépense immédiate de $4,000,000 sur le chemin de fer Esquimalt et Nanaïmo. Vu ces circonstances, les derniers hommes à faire de l’opposition à la politique actuelle du gouvernement devraient être les membres de la gauche.

La dernière administration s’engagea à construire cette grande route, sans égard au coût. A l'expiration de son lrme de cinq années, l'ancien ministère revint au pouvoir. Qu'avait-on fait dans l’intervalle? On sera surpris d'apprendre que l’un de nos premiers actes fut de poser les lisses sur l’embranchement du chemin de fer de Pembina, dont Le contrat avait été adjugé dès le commencement même de la carrière de l’administration précédente. Cette dernière avait aussi entrepris la construction du chemin de fer de Fort William à Shebandowan, et elle devait inaugurer le système de tirer parti de nos nappes d’eau. Elle devait, en outre, construire un chemin dans l’ouest, du lac des Bois à Winnipeg.

Disons, à la louange du député de Lambton, qu’on réussit parfois à le convaincre. Après deux ou trois années de discussion dans cet Chambre, nous réussimes finalement à le persuader de la folie de sa politique ; ncus réussimes à lui démontrer que chaque piastre dépensée sur le chemin de Shebandowan à l’est, et sur la route au-delà du lac des Bois, serait gaspillée, attendu que le chemin de fer de Duluth, qui

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passe à une distance comparativement courte, transporterait tous les passagers et le fret à l’ouest, et les empêcherait de suivre la roule moitié chemin de fer et moitié nappe d’eau qu'on pourrait appeler le chemin amphibie. Je mets à son crédit le fait qu’il a virtuellement admis qu’il avait tort et que nous avions raison.

M. MACKENZIE : Non.

Sin CHARLES TUPPER : Je sais qu’il n’est pas disposé à reconnaître la chose, mais l’histoire établira l’exactitude de mes assertions. Je ne saurais oublier la folie commise par l'honorable monsieur, qui avait entrepris la construction de la ligne directe par cette route, et qui avait adjugé deux contrats pour des sections allant, l’une à la rivière des Anglais à l’est, et l’autre au Portage du-Rat à l’ouest, sans arpentages préalables, sans la moindre connaissance topographique sur ces sections ou sur le coût du chemin, ou sans savoir si on pourrait en relier les deux extrémités. On peut prouver qu’on n’a jamais relié ces deux extrémités par des arpentages, et qu’on ne possédait aucun moyen de savoir si le chemin pouvait être achevé à un prix raisonnable. Ilen est résulté une dépense énorme, due en grande partie à la précipitation avec laquelle on a commencé l'ouvrage et à l'insuffisance de renseignements sur la nature du pays.

A noire avènement au pouvoir, nous avons constaté qu’ une somme considérable avait été dépensée sur ces deux sections de 227 milles ; l’une, qui allait à l’est de la rivière Rouge, avait 114 milles, et l’autre, qui allait à l’ouest du lac Supérieur, avait 113 milles. L'argent dépensé aurait pu tout aussi bien être jeté dans le lac Supérieur et ne pouvait rex résenter aucune valeur; car il y avait:un espace de 185 milles entre ces deux sections. L’honorable monsieur fut convaincu de linutilité de

Ecett dépense, si l’on n’achevait pas la section intermédiaire, et peu de M'temps avant les élections générales, il demanda des soumissions pour

construire ces 185 milles.

Je ne veux pas reprocher cet acte à l'honorable monsieur. Je l'en ai félicité en une autre occasion; mais je dois maintenant retirer mon compliment ; ca: il a déclaré, l’autre soir, qu’il n'avait pas du tout résolu

Ride construire ces 185 milles, qu’il n'avait pas du tout décidé la question

de savoir s’il laisserait dormir cet énorme capital, sur lequel il payait intérêt, sans en tirer parti.

Je comprends facilememt pourquoi l’honorable monsieur n’a pas adjug les contrats avant l'élection. Comme l’un de ses titres à la confiance publique, il avait déclaré, dans cette Chambre et ailleurs, qu’il construirait le chemin de fer du Pacifique moyennant 824,500 par mille; il savait que si les contrats pour les 185 milles intermédiaires

étaient adjugés, il serait prouvé qu’il avait fait une erreur énorme sur |

le coût du chemin, les contrats pour certaines seciions ayant été adjugés sans arpentages ou sans donnnées suffisantes, de sorte qu'il lui aurait été impossible d’invoquer pareil titre à la confiance publique.

A notre avènement au pouvoir, nous avons constaté que plus de $11,000,000 avaient été dépensées sur l’emhranchement de la baie Georgienne, sur le Canada Central, sur l’embranchement de Pembina et sur la ligne entre la baie du Tonnerre et la rivière Rouge ; et cette dépense, pour avoir quelque valeur, entraînait l'achèvement de tous les travaux qui, comme je lai dit il y a un an, ne peuvent pas être estimés à moins de $28,000,000. Heureusement que je puis retrancher 81,000,000 de cette somme; car, en adoptant une politique différente de celle du dernier ministère, nous comptons effectuer une grande réduction dans l’adjudication des contrats et dans le contrôle que nous exercerons ultérieurement.

Après avoir occupé, pendant une semaine, les fonctions que le

député de Lambton résigna, je demandai à monsieur Marens Smith de me donner un état indiquant la quantité d'ouvrage fait sur ces 21 milles, une estimation sur laquelle les contrats avaient été basés, le montant de la somme payée et de la dépense nécessaire pour achevel les travaux. Je fus surpris de constater que la dépense additionnel devait se chiffrer, je dois dire, par millions.

Dès que monsieur Fleming revint d'Angleterre, j'attirai sol attention sur ce point. Monsieur Fleming répondit que la différen pouvait s'expliquer, quant à la section 25, vu que la nature de l’ouvrag avait été changée, mais que, pour ce qui concernait les autres section on n'avait pas fait les études nécessaires pour la localisation, et q l'absence de détails avait empêché l'estimation d'être suffisammel exacte pour baser les contrats. Il ne pouvait nullement se rend

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compte de ce qu’il supposait être le coût de l’entreprise, et ce qui en

il payait devait être le véritable coûl. Monsieur Fleming fit mander les ingék nieurs qui avaient été chargés de l'ouvrage, à l’est et à l’ouest : ils ne FRS ee purent expliquer, d'une façon satisfaisante, comment autant d'argent à la pre avait été dépensé. Il fallut faire, en conséquence, un second mesurage urs, QU M pour se rendre compte de cette différence. 1,500 P * Quant à la section 15, monsieur Smith et monsieur Fleming dirent médiaires que nous pouvions nous expliquer cette grande disproportion entre le VOTE Va FA Goût et l'estimation, parce que le plan avait été changé. Des soumist re sions avaient d’abord été demandées pour cette section du chemin, mais | he HE Au le montant exigé par les soumissionnaires était si énorme, que le DHqUe premier ministre d'alors comprit qu’il ne devait pas adjuger le contrat ue plus de à ce chiffre ; car autrement, il lui faudrait ajouter environ cinquante de Le Lo pour cent au prix moyennant lequel il avait déclaré pouvoir construire Pembina e° le chemin de fer du Pacifique. Il fut subséquemment adjugé d’après AA un système d'ouvrages sur tréteaux au lieu de remblais, et, après que de it Fe les travaux eurent été convinués de cette façon pendant un certain Se ro emps, l'ingénieur fit rapport que le bois dans ce pays était d’une qualité à 4 , ,

nférieure, et qu’il serait probablement brûlé avant que le chemin ne ût terminé, et que, s’il ne l'était pas, il faudrait recommencer l'ouvrage ; ’est pourquoi il recommandait que les remblaïis fûssent substitués aux réteaux.

Ce rapport fut envoyé à monsieur Fleming, qui était venu passer i quelque temps, de retour d'Angleterre. Il approuva entièrement e changement proposé, puis discuta cette question avec le ministre des avaux publics d'alors, qui reconnut aussi qu’il était désirable de faire e changement : je crois qu’il est encore de cetteopinion. L’honorable donsieur communiqua ce rapport au conseil, où il resta.

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M. MACKENZIE : L’honorable monsieur exagère un peu Je connus que le chemin serait mieux coustruit de cette façon que de utre, mais je n'étais pas d'avis qu’il fût désirable de faire alors le angement.

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SR CHARLES TUPPER : L’honorable monsieur aurait dû faire e chose ou l’autre. L’ingénieur en chef était parti le lendemain pour

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