‹ Le chemin de fer du Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 6 · Le chemin de fer du Pacifique [microforme] · texte numérisé non relu

Le chemin de fer du Pacifique [microforme]

Le 10 mai 1869, jour mème de l'inauguration du chemin du Pacifique, je quittai San Francisco pour me rendre à New-York. Quelques amis m'avaient conseillé de suivre l’ancienne route pour continuer mon voyage, c'est-à-dire d'aller en bateau à vapeur à Panama, de traverser l’isthme en chemin de fer, et de reprendre la mer jusqu'à New-York; mais j'avais entendu élever plus d’un reproche sérieux contre le service des bateaux à vapeur de cette ligne. Ils étaient d'ordinaire, disait-on, encombrés de passagers et de marchandises; les repas y étaient mauvais, le service détestable, la saleté repoussante, surtout pour les personnes qui, comme moi, venaient de débarquer d’un des grands paquebots de l'Océan-Pacifique, véritables modèles de bonne tenue et de propreté; sur tout le parcours d'ailleurs je ne rencontrerais que mauvaise compagnie, et la plus stricte surveillance ne suffirait probablement point à me défendre contre les voleurs de profession qui exploitaient les paquebots avec

(1) Voyez la Revue du 1° novembre 1809,

autant d’audace et d’habileté que d’autres malfaiteurs exploitent les grandes villes de l'Amérique.

Les avocats des paquebots ne niaïent pas ces inquiétans détails ; leur plaidoyer consistait à démontrer qu: le service maritime était, malgré tous ses défauts, préférable au service presque inconnu du chemin de fer du Pacifique. Les bâtimens, prétendaient-ils, étaient d'excellens marcheurs, placés sous les ordres d'officiers expérimentés; j'aurais bien quelques petits ennuis à souffrir durant la traversée, mais je serais à peu près sûr d'arriver sain et sauf à New- York. Sur la voie de terre au contraire, les accidens les plus graves étaient d'occurrence fréquente, et je n'avais qu’à ouvrir le premier journal venu pour me convaincre que, grâce à la mauvaise condition de certaines parties de la route, à l’insouciance des administrateurs, à la témérité des employés, on risquait sa vie à se hasarder sur le chemin du Pacifique. « Vous n’obtiendrez même pas de dommages pour une jambe ou un bras cassé, ajoutait-on, car la compagnie du Central et celle de l’Union jouissent toutes les deux d'une grande influence, et un particulier inconnu et sans appui n'aurait aucune chance à plaider contre elles. » D'autre part, on me fit observer que la société à laquelle je serais mêlé à bord des paquebots, et qui contiendrait, on ne pouvait le nier, quelques mauvais élémens, était cependant de beaucoup préférable à celle des mineurs qui m'accompagneraient jusqu’au Nevada, ou à celle des ouvriers terrassiers du chemin de fer, dont je ne serais débarrassé qu’à Omaha. Ces roughs, comme on les appelait, étaient, au dire de mes conseillers, des hommes autrement dangereux que les pick-pockets des bateaux à vapeur : ceux-ci me débarrasseraient tout au plus de ma bourse ou de ma montre; dans un conflit avec ceux-là ma vie était en danger.

Tout cela n’était pas séduisant, mais je n’y vis pas non plus matière à me décourager. Je sais par expérience que le plus véridique récit G53 difficultés ou des agrémens d’un voyage ne rend qu'imparfaitement compte des impressions personnelles de celui qui en a souffert ou joui. Pour apprécier de pareilles descriptions à leur juste valeur, il faut, par un effort d'imagination dont beaucoup de gens sont peu capables, sortir du milieu paisible dans lequel on les lit ou on les écoute, et se mettre à la place même du héros de l’odyssée, Tout se rapetisse alors considérablement, et dangers et agrémens prennent des proportions ordinaires. Lorsqu'on voyage dans les montagnes, la disposition au vertige tend à s'émousser; lorsqu'on vit dans un pays où les habitans ont pour coutume de sortir armés, on se munit, avant de quitter la maison, d’un révolver avec la même indifférence qu’on se munirait, en cas de mauvais temps, d’un pa-

rapluie; enfin, pour marcher le long des précipices ou s'armer habituellement d’un pistolet sans éprouver d'émotion, on n’a pas besoin d’être plus courageux que le premier venu. Les périls d'un {long voyage ne sont pas tout à fait illusoires, mais je sais que, par la faute du lecteur plutôt que par celle du narrateur, on s’en forme généralement des idées exagérées. Quelques hommes, savans ou aven-turiers, à la recherche de l'inconnu ou de la richesse, ont en mainte occasion fait preuve d’un grand courage et d'un étonnant mépris du danger; mais un voyage en chemin de fer exclut, par sa nature même, toute idée de risques exceptionnels. Là où tout un monde d’agens et d'ouvriers trouve avantageux de vivre, dans des endroits fréquentés par un concours incessant de voyageurs, on peut, sans hésiter, essayer de passer à son tour.

Pendant mon séjour à San-Francisco, je m'étais trouvé plus d’une fois au milieu de mineurs et d'ouvriers de chemin de fer; je n'avais remarqué sur leur physionomie rien de particulièrement redoutable, et je me persuadai aisément que les inconvéniens possibles d’un semblable voisinage seraient compensés par la nouveauté d’une existence en quelque sorte intime avec des hommes en possession d’une grande, sinon d’une bonne réputation. Quant à l’insouciante témérité des employés de la ligne, je me disais qu’ils avaient autant de motifs de tenir à leur vie que moi à la mienne, et qu’en me remettant entre leurs mains il n’y aurait pas lieu de redouter une expérience qu'ils renouvelaient impunément toute l’année. Quatre de mes compagnons de voyage du Japon qui désiraient aussi se rendre à New-York tombèrent d'accord a ec moi sur tous ces points. Le parcours en chemin de fer avait pour nous non-seulement le grand attrait de la nouveauté, il avait surtout l'avantage de ne durer que huit ou neuf jours au lieu de trois semaines nécessaires pour aller de San-Francisco à New-York, via Panama. L’embarcadère du chemin de fer du Pacifique se trouve provisoirement à Sacramento. La ligne qui unira cette ville à San-Francisco est en voie d'exécution. Pour se rendre à Sacramento, il faut traverser la baie en bateau jusqu’à Vallejo, où l’on monte en wagon. Ce petit trajet préliminaire dure cinq heures.

Un de nos amis californiens, M, V. S..., nous conduisit à bord du New- World, Quelques minutes plus tard, je vis arriver son domestique chargé d’une assez grande boîte en fer-blanc et de deux dames-jeannes, tressées d’osier, et dont chacune pouvait contenir dix ou douze litres de liquide. « Qu'est-ce? lui demandai-je. — C’est du whiskey et des biscuits que votre inexpérience vous a fait oublier, me dit-il; heureusement pour vous, j'y ai pensé à temps. » Je me récriai contre ce surcroît de bagages, Je lui disais que son

calcul d'un litre de whiskey par tête et par jour était basé sur des données californiennes qui ne pouvaient nous être appliquées. Je ne pus le convaincre. « Vous laisserez ces provisions en route, si vous voulez, dit-il; mais j'aurai fait mon devoir en vous les donnant. Si vous les emportez jusqu’à Omaha, vous me remercierez plus tard. C'est un peu lourd à porter au commencement, mais vous verrez qu'après-demain le fardeau s’allégera déjà sensiblement. » Deux de mes compagnons, D... et M..., Américains comme l'ami californien, appuyerent ses instances. D... prétendait avoir rencontré le matin même un homme compétent en matière de boissons, qui, en résumant ses observations d’un voyage de Promotory à Sacramento, avait parlé avec horreur du whiskey de Truckee, de Winnemuca, d’'Elko et de Promotory. Il avait prétendu que les ouvriers mineurs seuls pouvaient en boire sans en mourir, et qu’à Promotory l'odeur seule de la boisson favorite des Américains causait à l'étranger non acclimaté les accidens les plus graves. Il fut décidé que trois d’entre nous prendraient alternativement charge des deux damesjeannes de whiskey et de la boîte de biscuit, et je dus céder aux vœux de la majorité. J'hésitais cependant, je l'avoue, à entrer dans le salon des premières, flanqué de deux douzaines de litres de liqueurs fortes; mais on me fit voir d’autres dames-jeannes d’une capacité plus respectable encore que les nôtres, et qui appartenaient à des gens d'apparence irréprochable. Je pris donc mon parti en me disant qu'il fallait vivre à Rome comme les Romains y vivent. Je dois, en fin de compte, rendre cette justice à l’ami V. S..., que ses précautions, pour être quelque peu exagérées, n’en étaient pas moins excellentes. Pendant plusieurs jours, on ne nous vendit dans les stations situées entre Sacramento et Omaha que de l’eau détestable et des boissons qui me firent penser au terrible whiskey de Promotory. Nos provisions de liquides étaient non-seulement une addition aussi utile qu’agréable aux collations spartiates dont il fallut nous contenter, mais elles contribuèrent aussi à nous assurer les bonnes grâces de compagnons de voyage auxquels nous étions en état d'en offrir largement. D'ailleurs à Elko déjà, où nous dimes adieu aux mineurs de White-Pine, qui nous avaient accompagnés jusque-là, nous pûmes jeter une dame-jeanne vide par la fenêtre.

Nous quittâmes la jetée de San-Francisco à quatre heures de l'après-midi, et en moins de deux heures nous débarquâmes à Vallejo, eloigné de 29 milles. C'était marcher avec une vitesse que les bâtimens européens n'obtiennent que rarement. En Amérique, où l'on construit les bateaux à vapeur les plus rapides, les plus économiques et les moins sûrs, cela n’a rien d’extraordinaire. Entre Vallejo et Sacramento, je fis connaissance, en wagon mème, avec une

des compagnie américaine qui, pour le soulagement ds voyageurs d'Eune rope, ne ferait pas mal d'établir des succursales chez nous. Une ous demi-heure avant notre arrivée, un monsieur entra dans le wa- . Si gon. Je le vis adresser la parole à plusieurs voyageurs, prendre rd. des notes sur un carnet qu’il tenait à la main et délivrer des bullerez tins qu'il en détachait après y avoir tracé quelques mots. Enfin de ce fut mon tour. « Vous allez à Sacramento? me demanda-t-il. en, — Oui, — Vous avez des bagages ? — Oui. — À quel hôtel descentin dez-vous ? » Je désignai l'hôtel qu’on n'avait indiqué, « Eh bien! su— reprit-il, je me charge d’y faire transporter vos bagages, si vous to, voulez me donner votre luggage-ticket. » On re délivre pas de bulca, letins de bagages imprimés en Amérique. Un employé attache à urs chaque malle une petite plaque en cuivre suspendue à une double eur lanière en cuir et portant un numéro d'ordre. Il remet au voyageur ger une autre plaque avec numéro correspondant et indiquant en mème rois temps le nombre des colis enregistrés. C'est un mode d’expédition es- beaucoup plus simple et plus rapide que le nôtre, et il offre, autant aux que j'ai pu en juger, les mêmes garanties de sûreté. Je me prètai ans volontiers à l'arrangement proposé par mon interlocuteur, et je reli- cus de lui, en échange de mon jeton de bagages, un bulletin imca- primé de l'Express-Company, donnant recu de mes malles, Le nt à même individu me délivra aussi un billet d’omnibus. « Vous n’avez me qu'à demander l’omnibus blanc n° 1, à droite de la sortie, et à y . de monter, dit-il; il vous conduira à votre hôtel. » Après m'avoir ses donné ces instructions, l'employé me fit un compte fort raisonpas nable : 25 cents par malle et 50 cents pour une place d’omnibus, lans si je ne me trompe, et me quitta pour s'adresser à mon voisin. J'ai tes- retrouvé les agens de l'Express-Company sur toutes les lignes y de américaines où j'ai voyagé, et je n’ai eu partout qu’à me louer de une leur exactitude. Le cocher d’omnibus recevait chaque fois des init il structions complètes et me conduisait à l'endroit où je voulais aller arer sans que j'eusse besoin de lui dire un mot; quant à mes bagages, ils ions ne manquaient jamais d'arriver pèu de temps après moi à l’hôtel. mes J'économisais de cette manière le temps qu’on perd d'ordinaire à nés dégager ses effets, et j'évitais du même coup les cochers de fiacre tre. qui ranconnent en tout pays les étrangers. s de Il faisait nuit lorsque nous arrivämes à Sacramento, Nous traver- Val- sâmes de longues et larges rues tirées au cordeau, se coupant, » les comme dans la plupart des villes américaines, à angles droits, éclai- , où rées au gaz, bordées çà et là de boutiques qui paraissaient assez )n0- bien garnies. La ville est grande et gagne tous les jours en impor- Val- tance; parmi ses habitans, on rencontre les hommes les plus entre-

une prenans et les plus richès de la Californie. Elle s’efforce de rivaliser

avec San-Francisca; mais son éloignement de l& mer l'a réduite de bonne heure à une infériorité dont elle ne pourra se relever, Nous

l'ai «

re y passâmes une mauvaise nuit. Îl faisait horriblement chaud, et Le : l'hôtel qu'on nous avait indiqué comme le meilleur de l'endroit était et Or mal tenu. Sous prétexte que la maison était remplie de monde, on La nous mit à quatre dans une étroite chambre, et on ne s'occupa plus stacl autrement de nous. Pour être bien traité dans les hôtels américains, les fi il faut y être connu ou avoir des recommandations spéciales pour le de S propriétaire, C’est une épreuve que j'ai faite dans la plupart des Truc villes où je me suis arrêté; à New-York notamment, on m'avait as- que suré qu'il n’y avait de libre qu'une chambre au cinquième étage, tions mais l'intervention d’un ami, connu à l'hôtel, me valut, sans autre mont difficulté, une grande et belle chambre au second. À Sacramento, désig on savait que nous étions des overland-passengers, et que nous de- chem vions partir le lendemain; nous étions des inconnus, il n’y avait viron aucun avantage à se gêner avec nous, et l’on ne se gèna nullement. 6,18 Nous fimes un mauvais souper et un mauvais déjeuner, L'eau qu'on ; tagnd nous donna était jaunâtre et avait un goût désagréable, Sur nos ré- les m clamations, le garçon nous répondit qu’il n’y avait pas d'autre eau tomb dans la ville, et que les personnes qui ne l'aimaient pas avaient n'atté pour habitude de prendre du vin. telles Mes souvenirs de Sacramento se bornent à ces détails. Je crains dans qu'ils ne rendent pas justice à la grande et opulente ville, capitale d'Uta de l'état, siége d’une cour suprême de justice, patrie de Judah, villes Stanford, Huntington, Crocker, et autres instigateurs du chemin du 4001 Pacifique. Il faut s’en prendre à l'accueil que nous y trouvâmes, et Le: qui contrasta désagréablement avec nos impressions encore fraîches fer de de l’hospitalier séjour de San-Francisco, de 7, d'Ech VI. été d ces £ Les noms des nouvelles villes et stations que traverse le chemin trave de fer du Pacifique sont aujourd'hui encore peu connus aux États- dent: Unis et entièrement ignorés en Europe. La liste de ces noms, dont mille la plupart sonnent étrangement à l'oreille française, est longue, Afin appel d'éviter la confusion qui pourrait naître de l’agglomération de mots aux 6 nouveaux formant en quelque sorte l’échafaudage de mon récit, je trave crois utile de le faire précéder d’un aperçu général de la ligne que Color j'ai parcourue. Le lecteur qui voudra bien me suivre pourra ainsi régio s'orienter plus facilement et retrouver dans la suite la position Dans exacte de telle ville ou station qui lui semblerait mériter une atten- et les tion particulière, Le chemin de fer national du Pacifique se subdivise, comme je ti TO

de ous , et tait on lus ins, r le des asge, itre 110, devait nt, lon réeau ent

ins tale ah, du ,. et hes

l'ai dit, en deux sections : celle du Centre et celle de l'Union, La première, qui s'étend de Sacramento à Ogden, a un développement de 742 milles (1,194 kilomètres); la seconde, comprise entre Ogden et Omaha, mesure 1,030 milles (1,667 kilomètres) (1).

La ligne du Central rencontre près de son noint de départ l’obstacle le plus formidable du parcours entier, les Sierras-Nevadas, Il les franchit au Donner-Pass, à la station de Summit, à 105 milles de Sacramento, à une hauteur de 7,042 pieds anglais. De Summit à Truckee, sur le versant oriental de la montagne, la distance n’est que de 22 kilomètres, et la différence en hauteur entre les deux stations de 357 mètres. Entre Truckce, à 5,866 pieds d'altitude, et les montagnes de Wasatch, à l’est du Lac-Salé, s'étend un vaste plateau désigné sous le nom de Grand-Bassin de l'Amérique du Nord. Le chemin de fer le traverse de l’ouest à l’est sur une longueur d’environ 1,000 kilomètres. La hauteur du plateau varie entre 3,921 et 6,180 pieds, C'est un désert coupé par quelques chaînes de montagnes volcaniques riches en métaux précieux, et parmi lesquelles les montagnes de Humboldt sont les plus considérables. La pluie ne tombe guère dans ces régions. Les rares cours d’eau que l’on y trouve atteignent pas l'Océan; ils se déchargent en des mers intérieures telles que le Lac-Salé et le lac de Humboldt, où ils disparaissent dans le sol, Le pays fait partie de l’état de Nevada et du territoire d'Utah. Virginia, Austin et Salt-Lake-City en sont les principales villes, Le chemin de fer passe à 16 milles de la première, à 100 milles de la seconde et à 35 milles de la dernière.

Les montagnes de Wasatch se trouvent sur le tracé du chemin de fer de l’Union. Elles sont franchies par la voie ferrée à une hauteur de 7,567 pieds. Deux passages naturels, les cañons de Weber et d'Echo, à 5,085 et 6,880 pieds au-dessus du niveau de la mer, ont été d’un secours essentiel à la construction de la ligne. À défaut de ces gorges, il aurait été impossible, au dire des ingénieurs, de traverser la chaîne montagneuse. Entre Wasatch et le versant occidental des Montagnes-Rocheuses s'étend, sur une longueur de 200 milles, une plaine élevée et d’une désolante aridité. Ce pays est appelé le Bitter Creek Country (pays des eaux amères), et confine aux états de Colorado et de Nebraska et au territoire d’Utah. Il est traversé par le Green-River (rivière verte), un des tributaires du Colorado qui se déverse dans le golfe de Californie. L'eau de cette région est, comme son nom l'indique, amère, sulfureuse et alcaline. Dans les Montagnes-Rocheuses, on distingue le plateau de Laramie et les Black-Hills (collines noires). C’est là que sont situées les prin-

(1) Promotory-Point, l'ancien point de jonction, est à 53 milles d'Ogden, TOME LXXXIV, — 1809, 36

cipales mines de houille d’où le chemin du Pacifique tire ses provisions ; on y rencontre aussi des mines de métaux précieux, notamment dans les districts d'Eau-Douce (Siveet-water mining district) au nord, et dans les champs d'or du Colorado (Colorado gold fields) au sud, L'agriculture n'y offre que de maigres ressources, Les Montagnes-Rocheuses, le plateau de Laramie et les Black-Hills sont franchis à des hauteurs variant entre 6,145 et 8,424 pieds (station de Sherman),

De la base orientale des Black-Hilis jusqu'à Omaha, la distance est d'environ 530 tuilles, Cette vaste plaine va en s’abaissant insensibiement, et le voyageur ne s'aperçoit point qu'il descend d'une hauteur de 6,500 pieds, différence, par rapport au niveau de la mer, entre la position d'Omaha et la base des Black-Hills. Le chemin de fer, en parcourant la plaine, longe le ZLodge-Pole Creek et la rivière Platte, le premier cours d’eau étant tributaire du dernier, Sur une étendue de plus de 300 milles, le pays est désert. La nluie est aussi excessivement rare dans ces régions, et le sol desséché peut à peine nourrir l'herbe des prairies. Pendant des journées entières, on n’aperçoit ni bois, ni verdure; c’est un spectacle aussi désolant que celui du Sahara d'Afrique. À une centaine de milles d'Omaha, le sol prend plus de vigueur, et dans les environs de la vallée les eaux vivifiantes du Missouri le rendent d'une extrême fertilité.

Le chemin de fer central depuis Sacramento (38° 30’ latitude) jusqu'à Promotory-Point (41° A5’ latitude) incline dans sa marche vers le -ord. Entre le Lac-Salé et Omaha, la ligne de l’Union passe, dans : . presque totalité, entre les 41° et 42° parallèles. Le chemin de fer central est divisé en cinq sections, celles de Sacramento, de Truckee, de Shoshone, de Humboldt et du Lac-Salé, Il a soixantecinq stations, dont les principales sont : Sacramento, Colfax, Cisco, Truckee, Reno, Wadsworth, Winnemuca, Carlin, Elko, Montello, Corinne, Brigham-City et Ogden.

Le chemin de fer l’Union contient les sections de Platte, de Lodge Pole, de Laramie et de Bridger. Les stations sont au nombre de quatre-vingt-neuf. Voici les principales : Echo, Wasatch, Bryan, Rawlings, Benton, Laramie, Sherman, Cheyenne, Sidney, North- Platte et Grand-Island (1).

(1) Voici d’ailleurs la liste complète des stations du Pacifique :

4° Chemin de fer central (les numéros placés après les noms indiquent la distance en milles de Sacramento), Arcade 7, Antelope 15, Junction 18, Rocklin 22, Pino 25, Penryn 98, New-Clastle 31, Auburn 36, Clipper-Gap #3, Colfax 54, Gold-Run 64, Dutch-Flat 67, Alta 69, Shady-Run 73, Blue-Cañon 78, Emigrant-Gap 84, Cisco 92, Summit 105, Truckee 119, Boca 128, Statc-Line 138, Verdi 143, Reno 154, Clank's 174,

Le

qui r coatit SA capiti York.

sept 1 par l:

du P 3,181 dans Franc jourd' elle sc de vi moins

J'aj de Sa Sacra à Om:

Chica;

Wadswc Brown's City 29 lron-Po Be-0-w lin 445, Springs Terrace rinne 7 2 CI tance € Fremon Creck Wood-[ ton 22 land 26 Ogalial Antelor

ration Creck Green- Picdem

provinotamlistrict) lo gold ources, k-Hills

h pieds

listance , insen- 1 d'une à de la Le chereek et lernier.

nluie esséché 6es enle aussi e milles us de la me fer-

atitude) marche 1 passe, chemin ento, de pixante- , CISCO, lontello,

e Lodge nbre de Bryan, North-

a distance , Pino 25, d-Run 64, , Gisco 92, lank's 174,

Le trajet de Sacramento à Omaha, s'il est fait régulièrement, ce qui r'a pr- toujours lieu, dure quatre-vingt-dix-neuf heures, En coatin": .nt de s'avancer À travers le continent, ce qui peut se faire su délai, on se rend en vingt-huit heures d'Omaha à Chicago, la capitale de l'Hlinois, et en quarante-une heures de Chicago à New- York. Il faut donc en tout cent soixante-huit heures, c'est-à-dire sept nuits et sept jours pleins, pour se rendre en chemin de fer et par la route la plus rapide de Sacramento à New-York, des bords du Pacifique à ceux de l'Atlantique. La distance totale est de 3,181 milles (environ 5,300 kilomètres), à laquelle il faudra ajouter dans quelques mois le trajet du chemin de fer de Sacramento à San- Francisco, La vitesse moyenne de murche sur cette ligne n'est aujourd'hui que de 32 kilomètres à l'heure, On annonce que sous peu elle sera augmentée, et que la durée totale du parcours sera réduite de vingt-quatre heures, Ge résultat devra, pour quelque temps au moins, satisfaire les plus exigeans,

J'ajoute un dernier renseignement pratique : le prix d’un billet de San-Francisco à Sacramento est de 15 dollars d'or (75 fr.), de Sacramento à Promotory-Point 50 dollars (250 fr.), de Promotory à Omaha 23 dollars 37 cents, monnaie-papier (environ 92 fr.), de Chicago à New-York 20 dollars papier (environ 80 fr.). Les frais du

Wadsworth 189, Desert 198, Hot-Springs 208, White-Plains 223, Humboldt-Lake 232, Brown's 235, Humboldt's-Bridge 25, Orcana 262, Rye-Patch 273, Humboldt 284, Mill- City 296, Raspberry 302, Rose-Creck 313, Winnemuca 324, Tule 330, Golconda 341, Jron-Point 351, Stone-House 363, Battle-Mountain 379, Argenta 9396, Shoshone 407, Be-o-wa-we #17, Gravelly-Ford 422, Second Humboldt-Bridge 428, Palisade #35, Carlin #%b, Elko 460, North-Ford 485, Tulasco 506, Humholdt-Wells 20, Independence- Springs 535, Pequop-Pass d#1, Toano-Pass 099, Passage-Creek 584, Desert-Point 606, Terrace-Point 618, Red Dome Pass 638, Monument-Point 662, Promontory 689, Corinne 718, Brigham-City 721, Ogden 742.

20 Chemin de fer de l'Union (les numéros placés après les noms indiquent la distance en milles d'Omaha). Summit-Siding #, Papillion 12, Elkhorn 28, Valley 35, Fremont 46, North-Bend 61, Shell-Creck 75, Columbus 91, Jackson 99, Silver- Creek 109, Clark 120, Lone-Trece 130, Chapman 1#2, Grand-Island 153, Pawnce 161, Wood-River 172, Gibbon 182, Kearney 191, Stevenson 201, Elm-Creck 211, Overton 220, Plum-Creek 230, Cuyote 240, Willow-Island 250, Warren 260, Brady-Island 268, Mac-Pherson 277, North-Platte 291, O'Fallens 307, Alkali 322, Roscoe 332, Ogallala 341, Big-Spring 360, Julesburg 377, Lodge-Pole 396, Sidney #14, Patter 433, Antelope 451, Bushell 463, Pine-Bluff 473, Egbert 48%, Hilisdale 496, Archer 908, Cheyenne 516, Hazard 522, Ottoc d28, Granite Cañon 536, Buford 542, Sherman 549, Red-Butte 564, Fort-Sanders 571, Laramie 572, Wyoming 586, Cooper's-Lake 598, Lookout 604, Miser 615, Rock. .'reck 622, Como 637, Medicine-Bow 644, Carbon 653, Simpson 658, Pony 665, Dana 6,2, Sainte-Mary's 679, Benton 694, Rawlings 709, Scparation 721, Creston 738, Wash-a-kie 700, Red-Desert 759, Table-Rock 770, Bitter- Creck 783, Black-Buttes 792, Point of Rocks 80. Salt-Wells 818, Rock-Springs 829, Green-River 844, Bryan 858, Granger 874, Church-Butts 885, Carter 901, Bridger 912, Piedemont 925, Aspen 997, Evanston 952, Wasatch 903, Echo 986, Ogden 1030,

voyage entier s'élèvent donc pour une seule personne à près de 800 francs. Le tarif du Pacifique sera, selon toute probabilité, considérablement abaissé, et on suppose qu’en 1871 le billet de San-Francisco à New-York ne coûtera plus que 500 francs. Sous le rapport des bagages, tous les chemins de fer américains sont très larges; à moins d’être encombré de malles ou de caisses, on n’a jamais d’excédant à payer. Le tarif alloue 100 livres de bagages à chaque voyageur.

Page 1