‹ Le chemin de traverse (volume 5)Chapitre 12 sur 26 · LETTRE XIV · texte numérisé non relu

LETTRE XIV

J'ai mis le reste de mon argent dans un tiroir tout ouvert ; je n'ai rien gardé sur moi , afin de pouvoir marcher posément dans la ville, et je suis sorti beaucoup plus calme ce matin.

C'est une bonne chose que de marcher ainsi dans Paris, sans argent, tout en se disant: — J'ai de l'argent; on n'est ni riche ni pauvre; on jouit de

ce qu'on voit sans le désirer , on ne succombe à aucune tentation, et on ne la regrette pas quand elle est passée; on sait qu'on n'a qu'à se mettre à courir un peu , prendre son argent . et revenir sur sespas. .. et l'on passe tranquillement son chemin.

Mon exaltation des trois derniers jours m'avait lait si grand'peur. que je me suis tâté plusieurs lois pour savoir si je n'étais pas fou.

Le moyen singulier que j'ai trouvé pour me calmer m'a calme en effet. — Laisser mon arjentà la maison, redevenir foule! c'est ce que j'ai fait.

Alors je suis aile revoir mon bon oncle. Dans mes trois jours de délire, je n'y avais pas songé une seule fois. Ce serait ici le lieu d'appliquer la parole que répète si souvent notre digue curé, — Du porc qui mange le gland sans regarder le chêne d'où le gland est tombé.

J'ai trouvé mon oncle dans son cabinet : il était

usms dans un coin, sur un tabouret fort bas; il

était tout babille comme un homme qui va sortir;

il lisait dans un livre élégamment relié: il lisaiî

\.v beaucoup d attention.

Ce cabinet est une merveille. Je ne me serais jamais figuré qu'un seul homme pût avoir à lui seul tant de livres , de grandes armoires de haut en bas, occupent les quatre murailles; les livres y sont rangés avec beaucoup d'ordre; rien n'égale la variété des dorures; chacun de ces volumes, pris séparément, est un chef-d'œuvre d'élégance, d<- richesse et de goût.

Du reste, l'appartement est dans un style sévère : une vaste table, toute chargée de papiers, occupe le milieu de cette pièce; les ornements de la cheminée sont en bronze; la pendule est en bronze; c'est un lieu fait tout exprès pour l'étude et pour la méditation.

A la vue de cet homme si riche, plongé si profondément dans l'étude, je devins rouge de honte, moi qui , depuis quinze jours , n'avais pas ouvert un livre 1 mon reste d'enthousiasme s'évanouit tout-à-fait, et je redevins ce que j'aurais dû être toujours, un jeune homme modeste et simple, qui ie sait ignorant , et qui sait qu'il a besoin de tout l<- moud.'.

Quand mon onde s'aperçul que j'étais près <\f

lui , il ferma son livre avec soin , et se leva, puis , avec le même sourire que s'il meut vu le matin même :

— Comment allez-vous aujourd'hui , mon cher neveu ?

— C'est moi , lui dis-je , qui devrais être venu bien plus tôt m'informer de vos nouvelles , monsieur , mais , depuis que je vous ai quitté , j'ai eu trois jours de délire qui m'ont fait oublier tous mes devoirs ; pardonnez-moi 1

— Vous n'avez pas de devoirs envers moi , me dit-il , je suis votre ami et vous êtes le mien , voilà tout. Je ne voudrais pas d'une amitié qui vous serait à charge ou à gêne. Vous venez me voir, tant mieux! c'est que vous y prenez plaisir; vous ne venez pas , tant mieux encore! c'est que vous prenez plaisir ailleurs. Grande et pleine liberté à un enfant de votre âge ! voilà tout mon plan d'éducation : il n'est pas plus gênant que cela , et vous verrez, j'espère, qu'il n'en est pas de meilleur !

11 se rassit; moi je me mis à regarder tous ses beaux livres. — 0 les beaux livres ! lui dis-je, et comme , au lieu de me prêter votre argent que je

ne vous rendrai pas de si tôt, vous auriez bien mieux fait de me prêter quelques livres que je vous aurais rendus, monsieur, et qui ne m'auraient pas tourne la tête comme votre argent.

— 11 ne faut rien exagérer, répondit le baron ; cette bibliothèque que vous voyez là , est une affaire d'ostentation et de luxe , rien de plus : sur quatre mille volumes que j'ai entassés ici à grands frais et à grand1 peine, il en est à peine cinquante

dont la perte me causerait quelques regrets et

encore, dans ces cinquante, si Ton m'en donnait une demi-douzaine à choisir, n'était ma réputation de bibliophile et ma vanité de propriétaire , je verrais brûler tout le reste avec l'insensibilité d'Omar , quand il brûla la bibliothèque d'Alexandrie.

En même temps il jetait un coup d'œil satisfait sur ses beaux livres. — Telle que vous voyez , ma bibliothèque , disait-il , c'est une des plus belles de Paris 1

Alors nous parlâmes de littérature; il en parla en homme d'esprit et de goût , qui est au courant de tout ce qui s'imprime de son temps et de tout

ce qui est resté du vieux temps. — Voyez-vous , me disait-il , littérairement parlant , c'est une époque misérable que la nôtre; c'est une littérature improvisée , élevée loin de l'antiquité , parlant au hasard une langue de hasard, écho affaibli du dixhuitième siècle, que nos auteurs n'ont pas compris. Jusqu à notre siècle, les siècles littéraires se tenaien ten France. Lesarts et les lettres allaient d'un progrès à un autre progrès, attendu , désiréet prévu ; malgré les efforts de quelques esprits faux , pour faire rétrograder la langue, la langue marchait toujours. Ronsard était bafoué dans son temps, comme Chapelain dans le sien. L'esprit français marchait pas à pas. La poésie se faisait en même temps que l'histoire se faisait ; la poésie suivait toutes les nuances de l'histoire; elles se portaient l'une et l'autre, elles s'aidaient mutuellement à marcher. Le grand Corneille , tout humble qu'il était, s'appuyait sur les larges épaules de Richelieu ; Racine était soutenu par Louis XIV; à son tour, Voltaire donnait un coloris sans égal au règne de Louis XV, beau règne et belle époque! c'était le beau temps du génie français. 11 comptait alors sur un avenir.

parce qu'il avait sous les yeux son beau passé. La révolution a brisé le passé littéraire, comme elle a brisé le passé politique : ce sont deux rives escarpées qui ont perdu le pont qui les unissait. A présent , qui osera ou qui pourra le construire de nouveau, cepout politique et ce pont littéraire? je doute que ce soit Charles X, je doute que ce soit M. Casimir Delavigne. Les deux ponts sont brisés, j'imagine, sans retour. En attendant, l'humanité reste assise sur la rive nouvelle , occupée à voir couler l'eau comme le paysan d'Horace. Que ceux qui aiment ces plats rivages y demeurent; moi, je laisse la poésie moderne où elle est; je remonte le courant tout là-haut, jusqu'à ce que j'arrive à l'antiquité. A mon sens, l'antiquité seule est belle! seule elle a compris quelque chose aux passions fortes. Savez-vous quelque chose de plus beau queV Iliade, le savez-vous? quels hommes ! quels héros! quelles amitiés! je donnerais tout ce qu'a fait le dixseptième siècle pour la colère d'Achille ou la mort de Patrocle! quel sentiment! quelle vie! quelle verve! quel grand cri pousse Achille' c'est un cri qui retentit dans mon ame, après doux mille ans

comme il a retenti sur les bords du Scamandre ! Et puis , comme le poète rejette au loin la passion vulgaire , la passion de tout le monde ! Hélène ne paraît qu'une fois dans ce grand poème dont elle est le prétexte , et encore ne paraît-elle que dans le conseil des vieillards , qui se lèvent pour la saluer , comme on salue la duchesse de Berry , quand elle passe! Oh! l'Iliade! l'Iliade! — Et qu'Alexandre avait raison de porter Homère dans une cassette d'or.

Voilà comme il a parlé d'Homère ; puis , après un silence d'un instant, il a repris :

— Toute l'antiquité est ainsi faite; elle vit par la passion ; elle seule elle a été passionnée. Nous autres, à l'exemple de cette vile Italie qui a gâté sa langue et chassé ses dieux , nous avons fait de la passion la plus misérable chose qui soit au monde ; nous l'avons habillée en paniers, et nous lui avons mis du rouge et des mouches ; à la place d'Achille et d'Alexandre, nous avons M. le marquisPyrrhus, ou M. le comte Britannicus. Madame la baronne Roxelane est venue chanter ses douleurs sur le même ton que madame la présidente Hermione.

Belle passion et belle poésie , ma foi ! Et pourquoi ces messieurs se font-ils si malheureux , je vous prie? Pour les plus insipides pleureuses , pour les plus sottes bavardes de l'univers. Mais nous appelons cela de la passion , nous autres! nous appelons cela de la tragédie grecque , rien de plus ! De la tragédie ! et de la tragédie grecque , encore ! Il en est ainsi de tout ce qui a été fait en France, tout est mort. Qu'ont-ils donc fait de la chanson? Comparez : O ma tendre musette! ou Malbrough , ou autres chefs-d'œuvre , à quatre vers d'Anacréon ! Comparez M. Ségrais à Théocrite I Et l'ode ! qu'ontils fait de l'ode? de l'ode grecque et latine? Les barbares ! ils ont fait de l'ode latine quelque chose comme ceci :

Les cieux instruisent la terre A révérer leur auteur ; Tout ce que le globe enserre Annonce un dieu créateur.

Voilà leurs odes. Horace s'appelle chez nous J.-B. Rousseau; Horace, l'ami de Mécènes et d'Auguste , est chez nous un cuistre , honteusement chassé du café Procope , qui vit avec des ser-

vantes et qui boit de la bière le reste de ses jours. 0 pitié! pitié! C'est la race des rois de France qui a fait tout cela pourtant! c'est pourtant François Ier qui a commencé ! Mais vous savez le latin, n'est-ce pas ?

Tout occupé que j étais à suivre cette dissertation littéraire si féconde en idées qui se croisaient Tune l'autre , si pleine d'aperçus tout nouveaux, je n'entendis pas la question qu'il m'adressait si brusquement. — Vous savez le latin? me dit-il.

— Je le sais , lui répondis-je.

— Mais vous le savez , j'espère , comme on sait une langue qu'on sait bien; vous le lisez comme vous lisez le français; vous en comprenez toutes les merveilleuses licences , de même que vous comprenez, par exemple, ce vers de Racine :

Et de David éteint rallumé le flambeau.

— Avez-vous jamais lu Juvénal ? aimez-vous la satire X ?

— J'ai lu Juvénal avec fureur , mais aussi et surtout j'ai lu tout Virgile, et tout Horace aussi et les Décades , je puis dire que je sais bien le latin.

11 reprenait, sans me répondre directement :

— 0 Virgile ! que j'ai aimé ses bucoliques ! quelle fraîcheur ! quelle admirable naïveté! quels bergers mollement étendus sous l'ombrage des hêtres , quel murmure des ruisseaux et d'abeilles errantes! quelles luttes harmonieuses sur la flûte. Bergers , chantez Daphnis : portez Daphnis jusqu'auxcieux!Honneuràtoi,Daphnis! — puistoutes les joies des campagnes ; toutes les anecdotes que cachent les saules , le festin du soir quand l'ombre descend delà montagne; puis les injures des bergers rivaux ! Quel chef-d'œuvre que les Bucoliques! N'est-ce pas , Prosper?

— Mais, lui dis-je, j'aime beaucoup aussi les Géorgiques et beaucoup aussi Y Enéide, le quatrième livre surtout !

A ces mots il fit un geste convulsif.

— Oh ! s'écria-t-il , je le vois , vous avez été élevé comme tous les autres ; vous sentez le collège , monsieur, et l'admiration de collège, la plus sotie des admirations. Mettre les Gcorgiques sur la ligne des Bucoliques, grand Dieu! autant vaudrait dir< que l'abbé Delille vaut Virgile. Rien n'est vrai

comme les Bucoliques, rien n est faux comme les Géorgiques. Les bergers de l'Arcadie vivent dans les Bucoliques , les beaux et jeunes bergers de l' Arcadie , vaniteux, taquins, flâneurs, chanteurs, poètes , paresseux , Italiens déjà tout Romains qu'ils sont encore ; rien ne vit dans les Géorgiques. Le laboureur romain des Géorgiques ressemble à faire pitié au soldat laboureur du théâtre des Variétés ; c'est un laboureur qui n'a jamais labouré , ce sont des campagnes qui n'ont jamais été cultivées ; rien ne vit dans ce livre , ni les hommes , ni la campagne ; rien n'est vrai, ni la fable, ni la leçon ; où avez-vous jamais vu qu'on fit sortir des abeilles du cadavre d'un taureau? C'est pourtant là ce qu'il y a de plus animé dans tout ce poème : l'épisode d'Orphée, la descente aux enfers; Orphée s'en va sur les pas d'Hercule appelant Pyrithoûs ; Orphée est un plagiaire , rien de plus , comme le poète a perdu ces beaux vers :

Te veniente die , te decedente canebat!

C'est toi qu'appelait son amour, Toi qu'il pleurait la nuit, toi qu'il pleurait le jour.

Relisez donc les Géorgiques , mon bon neveu , s'il vous plaît , avant d'en parler , et ce qui vaut mieux encore , apprenez les Bucoliques par cœur.

Extinctum nymphœ crudeli fimere Daphnim Fichant! Vos coryli testes !

Et il alla ainsi jusqu'à la fin, récitant ces beaux vers avec une indéfinissable expression de passion et de regrets.

Et quand il eut fini. — Je conçois bien jusqu'à un certain point votre antipathie pour les Géorgiques ; ce n'est ni un livre d'agriculteur , luidis-je, ni un livre d'homme du monde ; il est trop savant, ou trop peu savant; c'est un défaut; mais n'estce pas un aimable délassement des guerres civiles, je vous prie? Quant à l'Enéide, ce n'est pas un livre de la vieille république, je le veux bien; mais le quatrième livre , je vous le demande à mon tour , que trouvez-vous de plus beau?

Il porta la main à ses yeux. — Je vous ai déjà dit, répondit-il vivement, que l'Enéide est un poème manqué, aussi manqué pour le moins (pic la Henriade. L'Enéide , c'est un écho affaibli et mé-

diocre du seul poème épique de ce monde, l'Iliade. Virgile a mis en récit ce qu'Homère avait mis en action. Virgile a été, pendant ses douze chants, à côté de la poésie épique; il a fait d'insipides vers entremêlés de beaux vers, rien de plus. Ajoutez que le sujet de l'Enéide est de toute insipidité. Comment voulez-vous que je m'intéresse autant à un peuple qui va naître , qu'à un vieux peuple qui tombe? Que me fait à moi le petit Latium tout en chaume , comparé à la vieille cité troyenne tout en pierres? Comparez-vous Hector à Enée; comparez-vous Enéeà notre ami Achille? Enée qui calcule toutes les chances de son voyage ; Achillequi va d'un seul bond d'une rive du Scamandre à l'autre rive, et que rien n'arrête , pas même la voix et les pleurs de ses chevaux? Quant à votre quatrième livre , c'est là justement que je vous attendais , jeune homme, pour vous apprendre à ne pas admirer sur parole. Ce quatrième livre est un mensonge de sentiment, un mensonge, d'abord parce qu'il est impossible que cette reine de Carthage , occupée à fonder un royaume et très-malheureuse sous son premier mari Sichée, s'amuse tout de suite

à fairel'amour avec un homme comme Enée, froid, ennuyeux, bavard etadmiratif ! Un mensonge, parce qu il est impossible , d'autre part, qu'un homme commeEnée, si pieux, si soumis au Ciel, quia perdu sa femme dans le sac de Troie et qui la pleure , devienne amoureux à la première vue, et surtout qu'il tombe amoureux dune femme comme Didon , emportée, maussade, volontaire, pauvre et ruinée, avec des mains qui sentent le cuir de taureau ; c'est tout au plus si Enée pourrait devenir amoureux de Y Aima soror. Voici donc que, malgré tout le sang-froid mortel de ses deux héros, le poète les anime d'une belle ilamme qui jette son plus grand feu dans une caverne pendant une nuit d'orage; laquelle caverne, pour le dire en passant, ne vaut pas le nuage où Junon enferme Jupiter ! Voici donc que Virgile les livre l'un à l'autre; puis, quand son orage est passé , il les sépare au moyen d'un songe; Enée s'en va sur ses vaisseaux, Didon se brûle sur un bûcher; sans que l'un ni l'autre rencontre le plus petit obstacle. Et vous appelez cela de la passion ! vous appelez cela de la poésie? vous comparez ce froid accouplement avec la colère

d'Achille? vous êtes bien jeune ou bien froid, en vérité !

D'où je conclus : l'Enéide est un grossier contresens , le quatrième livre est un fade mensonge , Didon est la plus ennuyeuse des héroïnes , Énée est le plus insipide des héros. De tout ce monde, je n'aime que le jeune Ascagne , qui s'en va dans la campagne à cheval.

At puer Ascanius. Et il récita encore tout le morceau , car c'est une mémoire infatigable , et il sait par cœur même les poèmes qu'il aime le moins !

Comme il me vit plongé dans le plus profond étonnement. — Vous devez me trouver bien pédant, me dit-il, mon enfant , mais c'est un défaut de mon âge qui s'avance ; et puis de quoi parlerait-on si on n'avait pas à s'entretenir de ces belles productions du génie humain? La contemplation des œuvres du génie élève l'ame , elle fait oublier la terre, elle nous rend meilleurs. Moi je viens aux anciens poètes comme je \ais à un ami dont les bras me sont toujours ouverts , et dont le sourire est toujours tout prêt. Je vis avec eux , je les aime ,

je me bats avec eux dans la phalange macédonienne; je sais leurs noms à tous, je sais leur gloire et je m'en pare; je parcours TAttique à pied , je vais de Sparte à Lacédémone, je me lève devant les vieillards , j'assiste à la lutte des jeunes gens , frottés d'huile ; seulement je ne coupe pas la corde de la lyre, je trouve qu'il n'y a jamais trop de cordes à la lyre quand on la touche bien.

Il se leva. — Mais je vous prie de croire, me ditil, que je ne suis pas tous les jours aussi exalté et aussi ennuyeux. Cependant en voilà bien assez pour aujourd'hui, sat prata biberunt ; adieu donc, mon ami Prosper , allez vous distraire quelque part ; employez bien ces belles heures de votre jeunesse ignorée ; il faudra bien , quand vous aurez jeté votre feu au dehors , que vous fassiez vos premiers pas dans le monde. Il en est du monde comme de la poésie ; vous avez bien des opinions à refaire , bien des préjugés à revoir. 11 me dit encore une fois : adieu, mon neveu! et tout fut dit.

Page 1