‹ Le chemin des écoliersChapitre 113 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. S · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. S

voyais au-dessus de moi, sautant d'un roc & l'autre, en me lançant de haut sonroup d'œil goguenard, M. de La Fléchelle devancer toute la bande. On eût dit d'un Titan escaladant les montagnes.

Baldaboche lui-même, malgré ses jambes interminables, le suivait à grand'peine. Un instant je Ais sur le point de confesser la science horoœopathico-magnético-végétale.

Le Humel-See ne mérite guère' tout le bien qu'on a dit de lui et tout le mal que nous nous étions donné pour lui faire notre visite. Mieux aurait valu mille fois lui envoyer simplement notre carte.

Une grande cuve creusée dans la profondeur des vallées, sans cesse noircie par l'ombre des hautes cimes et des noires sapinières qui l'entourent; un terrain aride, dénudé, parsemé çà et là de quelques arbres échevelés, tordus par le ven,t; des eaux

sta^antes, à reflets plombés, où pas un nénufar ne s'étale, où les oiseaux aquatiques eux-mêmes évitent de venir tremper le bout de leurs ailes, où nul poisson ne peut vivre : voilà le fameux lac des Fées!

Nous nous étions groupés sur un tertre, auprès de cette miniature grotesque de la mer Morte, de cette immense grenouillère, pour laquelle nous nous étions détournés d'Achem et avions entrepris un voyage.

> Oh! m'écriai-je sous l'empire d'un souvenir récent, cela ne vaut pas les cascades d'AUer-Heiligenl

— Qui ne sont pas déjà si merveilleuses I ^ dit La Fléchelle avec son rire narquois.

Et il ^outa, en se tournant vers moi :

• Cher monsieurj vous revenez peut-être de Pontoise , mais, h coup sûr, vous ne revenez pas comme nous de SchaiTouse. La chute du Rhin , voilà qui est beau !

— Après le Staubach à Lauterbrunn , > dit l'orphéoniste , qui déjà nous avait entretenus de ses explorations en Suisse, d'où il avait rapporté, outre une foule d'histoires invraisemblables, divers ranz des vaches et de précieux gargouillis tyroliens.

< Fi du Staubach I répliqua La Fléchelle ; un mince filet d'eau , de haute taille , c'est vrai , mais qui n'arrive pas même à vous défriser les cheveux; c'est une cascade poitrinaire.

— Moi, dit un des deux naturels d'Épemay, comme Athanase, je viens de voir la chute du Rhin; comme monsieur de l'Orphéon, j'ai vu le Staubach à Lauterbrunn; tout aussi bien

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