‹ Le chemin des écoliersChapitre 181 sur 259 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

— Alors, dit-il en se levant, tandis que vous déjeunez, vous autres , je vais donner des ordres. Dans une demi-heure , vous trouverez le bateau amarré à la droite du grand pont. *

Il sortit. Nous nous regardâmes tous trois. • Quelle idée l'est venue , dit Junius à Antoine , de nous adjoindre ce monsieur?

— Bahl il nous amusera. Vous autres, comme il dit, je vous sais par cœur. Il fallait une quatrième aile au moulin pour qu'il tournât. J'aime assez les figures nouvelles en voy^e. >

Junius appela le keller :

« Charles , lui dit-il , quelle est cette redingote blanche qui prenait son thé près de nous?

— Monsieur de Minorel , répondit le garçon , c'est un Anglo- Américain, dont la famille est belge , et qui se nomme Van Reben.

— Mais que fait-il? quel est son état?

— Ahl dame, je ne sais pas au juste; il sonne de la trompe, il tire aux hirondelles; arrivé ici il y a huit jours avec un grand attirail de lignes et de tilets, tous les matins, aprùs son thé, il prend un bateau.

— Ah! le brigand I s'écria Antoine, il a trouvé moyen aujourd'hui de nous faire payer les trois quarts de ses frais ! Que je te reconnais bien là , ô race anglo-américaine !

— Eh bien , cousin , lui dit Junius , es-tu encore ravi de t'être fait le compagnon de ce Yankee?

— Toujours I Un homme qui a quitté l'Amérique pour

tirer des hirondelles sur les bords du Necker I évidemmenl ce doit être' un original. >

Nous nous mtmes en marche vers le fameux pont d'Heidelbei%; un bateau à double banquette, avec gouvernail à la

poupe , y stationnait ; deux bateliers l'occupaient , l'un ea large pantalon de toile grise lui montant jusque sous tes aisselles et l'habillant complètement; l'autre vêtu d'un bourgeron de laine, à bandes de couleur, et coiffé d'un bonnet de même étoffe. N'y apercevant pas la redingote blanche , nous' allions poursuivre notre route quand une voix nous héla.

• Eh! là-bas t.. . vous ne voyez donc pas clairî C'est moiI> En effet, l'homme au bourgeron de laine, c'était notre

Anglo-Américain , complètement métamorphosé sous le rapport du costume. A lui aussi on aurait pu dire : * Sans votre visage, monsieur, je ne vous aurais pas reconnu. »

* Vous comprenez bien , nous dit-il tandis que nous descendions dans le bateau , que pour aller en rivière on ne se met pas à la mode de Pans. Je connais le canl, la faskim,

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