QUATRIEME PARTIE
• Qui vous a fait celât lui dis-je; les concierges de l'Université se battent-ils donc au sabre épointé, ainsi que messieurs les étudiants?
— Je suis un pauvre étudiant d'Heidelberg, > me répondit-il.
Bunls du Neckor. — Eicentricilés d'un Yankee. — Voyage ï ta longue-ï Ce i]ui peut résulter d'une phrase de poriereulUe.
Antoine avait proposé de déjeuner à la salle commune. Selon lui, nos repas à huis clos devenaient maussades; nous n'avions plus riea d'intime à nous communiquer. J'appuyai sa proposition, bien entendu, et devant notre majorité des deux tiers Junius n'osa faire d'opposition.
En même temps qu'au menu, nous songions à l'emploi de nos instants. La tête remplie encore des hauts faits de Frédéric le Victorieux , je mis en avant une visite au champ de bataille de Seckenheim ; Junius consentit. La visite à Seckeaheim entraînait forcément une promenade sur les bords du Necker , bords fort accidentés et parsemés de jolis villages ; Antoine proposa de la faire en bateau ; il obtint l'unanimité des suffrages.
A une petite table , voisine de celle que nous occupions , se tenait un jeune homme d'une trentaine d'années, vêtu d'une longue redingote blanche, cravaté haut, le teint rougeaud et bourçeonné , portant des bagues à tous ses doigts ; de son cou à la poche de son gilet, une grosse chaîne d'or massive descendait. II prenait un thé, son chapeau sur la -(été et sa canne entre les jambes.
Nous avisions aux moyens de
nous procurer le bateau, quand ,
se tournant vers nous, sans que
le plus petit geste de sa main
vers son chapeau put trahir chez lui la moindre intention de
nous adresser un salut : • Messieurs , nous dit-il d'une voix
plutât gutturale qu'harmonieuse , moi aussi je désire faire une
promenade sur l'eau ; je suis gentleman, et si ma société vous
agrée?...
— Pourquoi pas? lui répondit instantanément Antoine, sans qu'on eût délibéré cette fois.
— Il est bien entendu , reprit le gentleman , que nous coupons le bateau et le batelier en quatre, et que je paye mon quart?
— Accordé 1