‹ Le chemin des écoliersChapitre 223 sur 259 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

quelques instants sans pouvoir me rendre compte comment je me l'étais attirée. Enfin, à quelque distance du rivage,

au delà du bourg de Weissenthurm, sur un tertre circulaire, se dressa devant moi un tombeau, ou plutôt un cénotaphe, surmonté d'une pyramide tronquée, que le nom de Hoche grandissait de cent coudées.

Mon grondeur en service ordinaire et extraordinaire avait

eu raison de me gourmander de ma distraction. Hoche , Marceau , Desaix , Kléber , voilà en effet les gloires militaires les plus pures de la France républicaine. Par une coïncidence singulière, tous quatre, par leurs tombeaux, gardent aujourd'hui les bords du Rhin; Desaix et Kléber, ces deux glorieux frères d'armes, morts le même jour, l'un en Egypte, Tautre en Italie, ont été inhumés, celui-ci à Strasbourg, celui-là près de Strasbourg , dans l'île des Épis , à la tète même du fleuve ; Hocbe et Marceau , ces illustres généraux en chef, dont le plus âgé avait vingt-neuf ans, dorment, encore réunis sous la même pierre, non sous le mausolée de Weissenthurm , mais dans leur ancienne conquête, les fortiûcatîons de Coblentz. Ah! si tous quatre devaient se réveiller au jour donné!...

Comme un coup de mistral balaye au loin les élégantes gondoles glissant au bord du lac tranquille , ce beau mouvement d'enthousiasme militaire, rare chez moi, acheva de faire disparaître de devant mes yeux et les demoiselles Rosahl , et tous les doux mirages de Stolzenfels.

Le bateau venait de s'arrêter devant Andemach.

Andernach, ancienne ville romaine, ancienne ville austrasienne, ancienne ville libre impériale, ne présente plus guère de curieux que des ruines, aujourd'hui hantées par des Prussiens.

Antoine semblait me bouder encore de mon manque de courtoisie envers le général Hoche. Désireux de rentrer dans ses bonnes grâces, j'essayai de me lancer dans l'archéologie. Cette science, se rattachant à la numismatique le rend facilement causeur. Pour entrer en conversation, lui montrant la tour élevée sur le bord du fleuve, ainsi que la porte tournée du côté de Coblentz , et flanquée des restes' d'une vieille forteresse , je déclarai l'une et l'autre l'œuvre des Romains.

Antoine me regarda d'un air farouche*

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