CINQUIÈME PARTIE
près humaine y une espèce de cartonnage , un masque , yoilà tout. Le caveau de Kreutzberg est un ossuaire , non un hypogée.
Antoine négligea de recueillir un échantillon de cette terre conservatrice.
Et voilà ce que nous étions venus voir de deux lieues de distance (quatre lieues, aller et retour)! Être mystifié par des vivants, passe encore, c'est dans Tordre, mais par des morts!...
L'humble église de Kreutzberg possède un escalier sacré de vingt-huit marches, en beau marbre de Carrare, fidèlement calqué sur la fameuse Scaia sancta bii s'imprimèrent les pas de Jésus-Christ se rendant chez Pilate pour y être jugé.
On découvre de là un panorama admirable.
Dans toutes les églises d'Allemagne, à Mayence comme à
Francfort, quand on a visité toutes les curiosités apparentes, et réglé son compte avec l'homme qui vous a accompagné,' un
autre individu, soua forme de cicerone-adjoint, se présente pour vous initier à la connaissance d'une merveille , d'un chef-
d'œuvre de peinture. Il fait briller à vos yeux un trousseau de clefs, ouvre trois portes devant vous, et vous arrivez à la sacristie. Là , sur un simulacre d'autel est un tableau recouvert d'un voile épais. On tire le rideau; c'est une sainte famille ou ui}e adoration des mages, un Hoibein ou un Rubens; une copie ou un original ; vous avez vu, content ou non, vous payez derechef et le cicerone-adjoint vous reconduit jusqu'à la porte extérieure.
Il en fut à peu près ainsi pour nous avec l'humble sacristain de la petite église de Kreutzberg. N'ayant point de suppléant il se contenta d'ôter son tablier de vigneron ; et après nous avoir fait des sommités de la Scala sancta descendre dans une modeste chambre que je soupçonne fort être moins la sacristie que le logement du sacristain , il nous indiqua du doigt , appendu à un mur blanchi à la chaux , et dont il était l'unique ornement, un