‹ Le chemin des écoliersChapitre 239 sur 259 · CINQUIEME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIEME PARTIE

Ce ne sera sans doute que bonne justice; c'est égal! ton nom brocardé, conspué, le nom de mon ami, ce nom que j'aime^ trainé sur la claie de leurs ^

chroniques, de leurs feuil- fi-

letons, tiens, vois-tu, cette f

idée me fait malt > :tx^

Je lui tendis la main :

« Je le savais bien, cher

Antoine, tu n'es aussi mé-

chant ce soir que dans les meilleures intentions du monde. Tu voulais m'ePfrayer?

— Non pasi Je suis effrayé moi-même!

— Ëh bien, rassure-toi. Mon nom, le nom de ton ami, ne figurera point sur mon livre, qui vaudra peut-être mieux que tu ne penses.... Je compte m'adjoindre un collaborateur.

— Et il signera pour toiî

— Oui.

— Quel est cet audacieux ?

— Un de mes voisins de campagne , un brave garçon , sans trop de vanité littéraire ; il n'a pas le droit d'en avoir peutêtre; mais enfin il a déjà publié divers volumes; il a plus que moi l'habitude....

— Tu le nommes?

— M, Saintine.

— Connais pas.

— Il est cependant très-connu.... à Marly-le-Roi.

— Et il acceptera la collaboration?

— Il ne peut guère me refuser ; nous demeurons porte à porte.

— Ah!

— Je veux dire par là que nous sommes en bons rapports. Je suis souvent son partenaire au whist... un autre genre de collaboration, et la chance nous est heureuse.

— Tu m'en diras tant!... Et qui fera les frais de l'impression?

— Moi!

— Seul moyen de bien t'entendre avec Ion éditeur.

— C'est ce que j'ai pensé; puis, comme cela se fait à Londres, je veux débuter par une édition de luxe, une édition illustrée....

— De tes dessins?

— Justement 1

— Sapristi I

— Mais je les ferai graver par les meilleurs artistes anglais, et compléter même

^ par Gustave Do-

'^. ^ ■---- __-:— ^ ré, le maître du

*' " - - ' -' ïfenre. Cela ne

peut que bien faire i Doré ne me refusera pas ce petit service, j'en suis sur.

— Tu le connais donc?

— Non; qu'importe? il est de tes amis, et tu le chargeras d'éfre notre intermédiaire....

— Brrroulfit Antoine, avec un frémissement d'épaules; la nuit se fait froide. Allons , poêle , ferme ta fenêtre et couchetoi. Tu as plus besoin de sommeil que le mon-

^ de n'a besoin de tesdivagalionsde voyageur. Bonsoir! • ;' Il prit son cha-

peau el rentra - - danssachambre.

Je suivis son conseil et me couchai; mais le sommeil eut de la peine à venir : * Publierai-je ou ne publierai-Je pas mon voyage? • Cette idée controversée dans ma tête me tint longtemps les

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