‹ Le chemin des écoliersChapitre 73 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Second sujet de tableau pour Ary Scheflfer; Éberhard le Larmoyeur; un chef-d'œuvre encore I

Au comte de Wurtemberg , désormais surnommé non plus le Batailleur, mais le Larmoyeur, restait une fille, Lida, que soç frère Ulric s'était engagé à faire épouser au meilleur, au plus éprouvé de ses amis, le comte Wolf d'Ébernstein. Ulric n'était plus là pour aider à l'exécution de son engagement. Malgré les supplications de Wolf, qui aimait Lida, qui en était aimé, Éberhard la fiança à son neveu Conrad , son héritier.

En l'honneur des fiançailles , un grand tournoi fut donné , en 1389, aux portes de Wildbad, résidence du comte. La lice à peine ouverte, un chevalier couvert d'une sombre armure, sans devise et la visière baissée, se présente la lance en arrêt et vient frapper l'écu de Conrad.

Dans ce nouvel arrivant, chacun a deviné Wolf d'Ébernstein; mais Éberhard , troublé par sa récente douleur, à sa taille , à sa prestance, au cri qu'il lui a entendu pousser, croit voir en lui l'ombre de son fils. Ulric vient soutenir la cause de son ami, et faire respecter sa promesse. Éberhard se précipite en bas des gradins en poussant des cris de détresse , répétés par tous les spectateurs, et au milieu du tumulte le chevalier noir disparaît.

On eût pu penser que sous l'influence de cette fausse apparition, la cause de Wolf allait triompher; il n'en fut rien. Malgré ses regrets, malgré ses terreurs, Éberhard resta inébranlable dans sa volonté.

Wolf essaya d'obtenir par la guerre ce que son nom , ses richesses, ses prières, le souvenir d'Clric, n'avaient pu lui donner; il embrassa la cause des Margraves de Bade et du Palatin. L'empereur se déclara pour Éberhard.

Bientôt, le comte Wolf, seigneur du vieil Ébernstein et d'une partie de la forêt Noire, vaincu, forcé de fuir, abandonné de ses alliés, renié par ses vassaux, se vit contraint d'aller demander un refuge à son parent , le seigneur du nouvel Ébernstein.

Comme il mettait pied à terre à la porte du château , un ma-

raudeur, son guide durant la nuit profonde, lui vola son cheval, son manteau, et disparut au milieu de l'obscurité. Maintenant voici la ballade.

Tad . pro< Hen , , . ^

— On a retrouvé le voleur, mon honoré cousin, et je l'ai fait pendre.

— Mais Tadort

— Il l'avait déjà vendu à la foire de Gagenau.

— Le nom de l'acheteur?

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