DEUXIÈME PARTIE
seuls alors sa société intime ; il semblait se les être incorporés; il les connaissait à peine. Comme le peintre, comme le dramatui^ , il avait Mt sa chasse spéciale ; chez les Grecs et les Romains il n'avait cherché que des cordons de sonnettes.
Hais ne suis-je pas un peu dans le même cas? En ce moment où j'afGche un si grand ravissement à l'aspect des beautés sublimes de ces montagnes, à travers leurs armées de sapins, je guette involontairement du coin de l'œil un sentier détourné, au bout duquel j'espère rencontrer une historiette, une tradition , une légende. La légende , c'est là mon cordon de sonnette , àmoil
Au sommet de celte côte escarpée, quelles sont ces tou-
relles gothiques se profilant sur la sombre verdure des grands
ife et dont les pieds semblent plonger dans l'eau? C'est le nouvel Ébernstein, Nous sommes au bout de notre course. Victoire I
Non; désastre! Ce Jour-là, le grand-duc habitait Ëbernstein, devenu l'un de ses nombreux apanages. La porte en devait rester close devant nous.
Junius, le peintre paysagiste, le littérateur émérite, avaient, ainsi que moi, espéré trouver dans cette célèbre résidence, nonseulement des curiosités d'architecture et d'art, mais aussi un abri contre la pluie qui nous menaçait, et surtout un bon dtner, le gardien du château y exerçant d'ordinaire les doubles fonctions de concierge et de restaurateur.
Tous trois se désolaient.
Seul, je triomphais en moi-même; seul, j'allais pénétrer dans le nouvel Ébernstein, quelques siècles en avant, il est vrai.
Je tenais ma légende I... Ha légende , cette fois, avait forme de ballade
l,A llALLADb; DU CHEVAL.
Quelques mois de préfare. — Schiller et Ary Sclieffof. Illierliard, le Lannoyaur.
Je pourrais faire précéder ma ballade, d'une volumineuse iotroduction explicative. Je m'en abstiendrai. Quelques mots sont indispensables cependant. Un grand poëte, un grand peintre me les fourniront.
Éberhard II, comte de Wurtemberg, qu'on appela d'abord le Batailleur, avait deux enfants, un fils et une fille; Ulric et Lida. Dans une rencontre avec les troupes du Margraviat et du Palatinat, ce ûls, quoique impétueux et vaillant, cédant au nombre , dut battre en retraite. Son père lui reprocha rudement (car la rudesse et l'inflexibilité Tonnaient le fond
de son caractère) de ne pas être resté, vivant ou mort, sur le
champ de bataille ; et, comme sligmate de honte , devant la
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qui, solitaire, farouche, inconsolable, enfermé dans sa tente, ne sut plus que pleurer sur le cadavre de son fils.