‹ Le chemin des écoliersChapitre 136 sur 245 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Nous nous séparâmes l'un de l'autre avec un regret mutuel, je le crois, et en échangeant nos cartes, et en réitérant les poignées de main. Il me promit de venir vers l'automne me voir à Marly-le-Roi.

Pourquoi avec certains hommes l'amitié nous vient-elle si vite au cœur? Il me semblait que, après Antoine Minorel, Brascassin était mon meilleur ami.

Pourquoi, des divers arbrisseaux que j'ai fait planter dans mon jardin , le dernier mis en place est-il aujourd'hui le plus élevé et le plus vigoureux? Comme l'arbrisseau, l'amitié pousse vite quand le terrain est à sa convenance.

La route de AVildbad à Bade-Baden est, dit-on, charmante. Je me dispenserai de la décrire, n'ayant fait qu'un somme depuis le départ jusqu'à l'arrivée.

Bien résolu à ne point m'arrêter un instant à Bade, même pour y voir Junius, je pris congé de mes compagnons de voyage. Tous, préoccupés de leur installation, du choix d'un hôtel, des renseignements à prendre, me regardèrent à peine ; une seule main se tendit vers moi, celle d'Athanase.

Ainsi va le monde, à ce qu'il paraît. On se rencontre sur la route ; quelque temps on marche ensemble du même pas et du même cœur ; on croit à une liaison qui se continuera. Le moment venu, comme une bande d'oiseaux effarouchés, chacun tire de son côté sans un regard d'adieu adressé à ses anciens compagnons. Quelque peu mortihé, je courus vers le petit chemin de fer qui de Bade devait me conduire à la station d'Oos. Je n'eus que le temps d'y prendr e place, il partait.

Enlln, j'étais en route !

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