‹ Le chemin des étoilesChapitre 36 sur 104 · LE DERNIER VŒU · texte numérisé non relu

LE DERNIER VŒU

Gomme une fleur vivace en un bois défleuri,

Un vœu demeure encor dans mon cœur sans prière,

C'est que ton front de lis et de neige pétri

Se penche sur mon front h mon heure dernière.

C'est alors seulement que tout bas j'oserai

— Les mourantsontdesYoix qui peuvent tout vous dire-

Te conter de quel mal je vécus déchiré,

N'ayant d'espoir qu'au jour qui finit mon martyre.

Je te dirai : je fus, de l'heure où je te vis, L'esclave douloureux de ta Beauté profonde ; Le soleil s'est éteint devant mes yeux ravis Et ton rayon vermeil emplit pour moi le monde

J'ai vécu d'un amour toujours désespéré, Arrosant de mon sang le chemin de mon Rêve, Détournant la pilié de mon mal ignoré, A mon divin tourment refusant toute trêve!

Tel je fus, toi je suis aux portes du tombeau. Proclamant ta splendeur dans mon culte farouche, Emportant sous la nuit, comme un double flambeau, Ton image en mes yeux et ton nom sur ma bouche.

Regarde-moi ! Je veux boire en ton regard clair Le mépris d'une vie à l'exil condamnée. Où, comme au prisonnier, manquent l'espace et l'air, Depuis que loin de toi s'en fut ma destinée.

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