FIERTÉ
Avant quo d'avoir mis l'orguoil de ma pensée A vouloir emporter sa blessure au tombeau ; Avant que ce destin m'apparùt le plus beau De bénir jusqu'au bout la main qui l'a blessée ;
J'ai cberché dans l'oubli la douceur insensée De sentir s'en aller mon amour par lambeau ; Mais ton image, ainsi qu'un superbe flambeau, Entre la Nuit et moi constamment s'est dressée.
Et, plus sage aujourd'hui, plus je suis loin de toi, Plus l'exil m'en rapproche et ranime ma foi, Comme fait au martyr la torture suprême.
Je te porte à jamais dans mon cœur consacré, Comme en un sanctuaire, et le temps effaré Se tait devant l'Amour immortel dont je t'aime !