‹ Le chemin des étoilesChapitre 40 sur 104 · A THEOPHILE GAUTIER · texte numérisé non relu

A THEOPHILE GAUTIER

0 poète couché dans la tombe avant l'heure, Le siècle indifférent peut passer son chemin. Recueillant le laurier qui tombe de ta main, La Muse, à ton chevet de marbre assise, pleure.

Ton âme réveillée au souffle qui l'effleure. Fait passer sous nos fronts un rêve surhumain, Toi qui savais qu'hier est pareil à demain l"]t, qu'ici bas, fors l'art immortel, tout est leurre.

0 Maître, ô Sage, ô Dieu, sous tes doigts inspirés La lyre vibre encore, et les rythmes sacrés Vers l'olympe trahi tendent encore une aile.

Dans cet âge sans foi, dernier prêtre du Beau, Emportant avec toi son image au tombeau. Tu gardes le secret de la gloire éternelle!

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