‹ Le chemin des étoilesChapitre 49 sur 104 · A B. MARCEL · texte numérisé non relu

A B. MARCEL

Sang latin ! sang vermeil I sang fait du sang des vignes I Sang rouge et triomphant qui portes à la cliair L'ambre vivant des tons et la splendeur des lignes ! 0 sang de mes aïeux, doux, liéroïque et cher !

Toi qui mets une tleur aux lèvres des pucelles

Quand le vent des baisers les contraint de s'ouvrir,

Et fais dans leurs yeux noirs monter des étincelles

Que la cendre des ans tente en vain de couvrir !

0 flamme qui veillais dans l'immortelle argile Où le sein glorieux des Vénus fut pétri, Où grandit la douceur de l'âme de Virgile, Où le génie ardent de Lucrèce a mûri !

0 sang qui fis germer la Beauté sur le monde, Aux veines du limon mis la sève des cieux! Source où l'humanité vit comme dans une onde Passer de l'Idéal le rêve audacieux !

Sur tes flots, les splendeurs de l'antique épopée Roulèrent jusqu'à nous des âges vénérés ; Aux pourpres du soleil ta pourpre fut trempée, Et tu jaillis du fond des Olympes sacrés !

Tu recueillis la nef où les rites hellènes Voguaient, doux et proscrits, vers l'immortalité, Et ta pitié nous verse encore à coupes pleines Le doux vin de la gloire et de la volupté I

En toi revit riionneiir des époques insignes Oïl, Dieu jeune et vivant, le Beau s'était fait chair. Sang latin ! sang vermeil ! sang fait du sang des vignes ! 0 sang de mes aïeux, doux, héroïque et cher!

A L'ITALIE (Ischia)

Terre douce aux baisers du soleil, Italie, Honneur des anciens jours, Mère du sang latin, Il n'est pas. de douleur qui pèse à ton destin Sans resserrer encor le nœud saint qui nous lie.

Vers le même avenir nous marchons entraînés. Dociles à la loi qui gouverne des races ; Et le Temps, sous nos pas trouvant les mêmes traces. Apprendra que de Toi nos meilleurs fds sont nés.

Car ton pied glorieux en foulant notre Gaule, Y fit germer des fleurs de grâce et de beauté, Et, pour y consoler l'antique Liberté, Tu mêlas de lauriers le joug sur son épaule.

Et depuis ces grands jours, pardonnant au vainqueur Et pour ses seuls bienfaits gardant une mémoire. Nos fils, mêlés aux tiens, bénissent la victoire Qui, dans ton fier limon, leur pétrissait un cœur.

S'il n'est pas ici-bas de choses éternelles, Si l'ombre veille au seuil de tout éclat humain. Te souvenant d'Hier pour affronter Demain, Laisse toujours ta main dans nos mains fraternelles.

Pour te plaindre et t'aimer ne cherche pas ailleurs

Quand sur ton front sacré se lève une souffrance :

Tu trouveras toujours à ton côté la France

Pour saigner ta blessure et pour pleurer tes pleurs!

Page 1