‹ Le chemin des étoilesChapitre 51 sur 104 · CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

CRÉPUSCULE

Voici l'heure où le jour vers l'horizon recule, Vague, léchant les bords du ciel et les frangeant, Comme un reflux lointain, d'une écume d'argent; Où l'âme des parfums dans l'air tiède circule.

Sous le frémissement léger du crépuscule, Vapeur que le soleil fait monter, en plongeant, Sur la colline obscure, apparaît, émergeant. Quelque temple oublié de Diane ou d'Hercule.

Et le recueillement des choses sous les cieux Autour de ce grand bloc, morne et silencieux. Semble encor l'entourer d'un culte solitaire.

Les mythes glorieux se sont éteints, pareils. Dans leur chute, aux déclins augustes des soleils Dont la clarté longtemps flotte encor sur la terre.

IMMORTELLE BEAUTl^l

Fille des jours sacrés, quelle main sacrilège, Dans la nuit dispersant tes honneurs abolis. De ton front triomphant a fait tomber les lis Qui mêlaient leur blancheur à sa blancheur de neige?

Contre le Temps cruel nul pouvoir ne protège L'immortelle Beauté sous les soleils pâlis, Puisque son manteau d'ombre emporte dans ses plis De tes antiques sœurs le lumineux cortège.

Triste et dernière fleur des printemps radieux, Tu restes seule, hélas! de la race des Dieux, Des olympes défunts à jamais exilée !

Je brûlerai pour Toi la myrrhe avec l'encens. Et si, jusqu'à tes pieds s'élèvent mes accents. Par la lyre, du moins, tu seras consolée !

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