CHEMIN D'OMBRE
Du faile d'un amour qu'ont grandi les années, Comme un mont que le soir fait plus proche des cieux, Je regarde passer le vol silencieux De mes espoirs pareils à des roses fanées.
Des gloires du couchant les cimes couronnées, Pleines du souvenir des matins radieux, Calmes, planent encor dans l'air chargé d'adieux : Tel, résigné, j'attends la nuit des destinées.
Tel, je vois à mes pieds mon rêve surhumain. Avec l'ombre des pics, croître sur le chemin. Effaçant sous mes yeux tout ce qui fut ma vie.
Ta beauté fut pour moi comme un vivant soleil Derrière un roc ardu dont le sommet vermeil Nova d'ombre la roule en gémissant suivie.