CHANSON DE NOUVEL AN
Voici que la jeune année, Des (leurs de neige à la main Chasse de notre chemin Toute chose surannée.
Avec les derniers parfums Que la rose garde en elle, S'envole au vent de son ni'e L'Ame des plaisirs défunts.
148 [.A CHANSON DIÎS JOURS.
Do la (orrp encore grise Son pied nu fera germer Les lis où vont s'embaumer Les baisers lents de la brise.
Son flanc vierge tient latents, Et sous d'invisibles chaînes, L'or des floraisons prochaines Et la gloire du printemps.
Chacun, en ouvrant la porte A ses pas silencieux Se demande, soucieux.
Ce qu'en entrant elle apporte.
Des présents avec des vœux...
— Douce et rapide fumée — Choisis vite, ô bien aimée.
Et dis-moi ce que tu veux !
Pour moi seul la jeune année N'a ni promesses ni fleurs.
A d'immortelles douleurs J'ai mon àme condamnée.
Nul espoir ne peut s'ollVir A mon souvenir fidèle ; Car mon cœur ne veut rien d'Elle Que l'aimer et qu'en mourir !