‹ Le chemin des étoilesChapitre 71 sur 104 · ADIEUX A UNE COURTISANE · texte numérisé non relu

ADIEUX A UNE COURTISANE

Adieu! j'ai cru trouver, dans ta chair sans pensée, Dans ton regard sans ciel, sur ta lèvre où tout ment, — Comme un Lélhé s'ouvrant à mon àme lassée, — Les lâches voluptés de l'assouvissement.

Las de clamer aux seuils interdits de Sésame,

Mon esprit, désertant les rêves immortels,

Rêvait de s'abîmer sous ta Beauté sans âme,

Comme sous des lambris s'eiïondrent les autels.

146 LA CHANSON UKS JOUHS.

Malgré les longs baisers dont ma bouche est avide Malgré ta forme auguste et savante au plaisir. En te tendant vers moi, coupe superbe et vide, Tu n'as fait qu'aiguiser la soif de mon désir.

Tu lis ce que tu pus. Tu t'es, comme une proie Pantelante, jetée à mon désir béant ; Et, comme un flot aveugle où tout sombre et se noie, Tu m'as, sans mesurer, dispensé ton néant.

L'idéal me reprend. 11 nous faut l'un et l'autre. De plus tristes pour moi; pour toi de plus joyeux. L'iiorreur me prend du lit où ta splendeur se vautre : Ne pleure pas! Les pleurs son mal faits pour tes yeux.

Le Mal qui m'a brisé te laisse tout entière.

Tu m'auras oublié plus tôt que tu ne crois.

— Qu'importe un mort de plus au large cimetière

Où dorment tes amours sous des pierres sans croix !

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