‹ Le chemin des étoilesChapitre 9 sur 104 · FLEUR DONNÉE · texte numérisé non relu

FLEUR DONNÉE

Au rythme de tes seins la fleur longtemps bercée, — Ainsi le coquillage au sortir de la mer Du flot redit longtemps encor le chant amer — La fleur sur ton sein morte et longtemps caressée,

Dans le silence où tout parle à notre pensée, Me redit la chanson divine de ta chair Et tout ce qui, dans toi, m'est interdit et cher, Gomme au proscrit le ciel d'où sa vie est chassée.

Elle dit l'harmonie en fête et les accords Dont est faite la grâce auguste de ton corps Et dont le rêve seul, comme un feu, me pénètre.

Cependant que l'odeur des algues ne vit plus, Dans la conque où s'endort la plainte des reflux, La fleur a conservé le parfum de ton être !

KECUEILLEMENT

Dans l'adoration lente de ta Beauté, Mer de splendeur n'ayant que des perles pour grève, Comme un fer émoussé, je retrempe, sans trêve, Le besoin d'Idéal dont mon front est hanté!

Et, l'ombre où je te pleure ayant soif de clarté, J'évoque ton image au secours de mon rêve ; Dans cette vision qui fait l'heure plus brève. Se rafraîchit mon cœur comme dans un Léthé.

Car l'oubli seul est doux, la vie étant anière. Ceux qu'a précipités le vol de leur chimère Y dorment le sommeil de leurs espoirs lassés.

Comme dans un lit plein d'odeurs évaporées. — L'immortel souvenir de tes grâces sacrées Seul m'apporte un parfum vivant des jours passés !

iS LES ADORATIONS.

XIÎ AVEU

Je te voyais de l'ombre où je m'étais caché, Rayonnante et pareille en ta beauté farouche A l'étoile qui luit plus haut que ce qu'on touche, Et, plus loin que nos fronts, porte son front voilé.

Et mon désir cruel, toujours renouvelé, S'envola vers la rose amère de ta bouche, Comme au déclin du jour, vers l'astre qui se couche La plainte des forêts monte dans l'air troublé.

Si tu savais le mal d'aimer sans espérance. Peut-être aurais-tu plaint cette obscure souffrance Et d'un regard ami conëolé ma douleur.

Mais tu n'as rien senti de mon muet martyre, Et c'est sans l'attirer au gouffre qui m'attire, Que mon désir brûlant cherche ta lèvre en fleur !

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