‹ Le chemin des étoilesChapitre 8 sur 104 · PRIMAVERA · texte numérisé non relu

PRIMAVERA

En gouttes de lait pur voici que le jasmin Jaillit et perle au sein rajeuni de la Terre : L'iris au double front et le grand lis austère De tes pas radieux vont border le chemin.

Si je savais la roule où tu viendras demain Des renouveaux divins contempler le mystère, Je cacherais un peu de mon cœur solitaire Dans chacune des lleurs qui tentera ta main ;

Pour que, ce peu de moi, sur ton sein tu l'emportes Et l'y laisses mourir parmi les roses mortes Dont le dernier soupir fait doux jusqu'au trépas.

Car, c'est quand le Printemps fait renaître les choses^ Que je voudrais, perdu dans les métamorphoses, Mêler mon àme à tout ce qui baise tes pas!

0 BEAlîTK

0 Beauté dont la grâce égale la puissance, Charme profond et fier dont je suis terrassé, 0 splendeur dont jamais mon regard n'est lassé. Comme un prêtre, à genoux, je t'adore et t'encense 1

Telle apparut Vénus, au jour de sa naissance. Levant dans l'air son corps par le flot caressé, Ecoutant, du premier cœur qu'elle avait blessé, Monter un chant d'angoisse et de reconnaissance.

Je n'oserai jamais t'aimer, je le sens bien,

Et voudrais seulement, à tes pieds, comme un chien,

Me coucher bien longtemps et baiser ta chaussure ;

Oublier tout dans ce divin apaisement.

Et, sans t'importuner de mon lâche tourment.

Laisser fuir jusqu'au bout le sang de ma blessure.

16 LES ADOUATIOKF.

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