‹ Le chemin des étoilesChapitre 90 sur 104 · DÉPART · texte numérisé non relu

DÉPART

Animœ dimidium meœ.

Sur la route où chante alFaiblie Dans l'écho votre chère voix, J'emporte la mélancolie Des adieux dits au bord du bois ;

Des adieux où nos mains serrées Échangeaient, loin de tout regard, Les tendresses désespérées Qu'en nos âmes met le départ.

Sous l'œil clair des collines bleues Dont l'aube argenté les sommets, Mon chagrin seul compte les lieues Qui nous séparent désormais.

Mon cœur est brisé jusqu'à l'heure Qui doit vous rendre à mon émoi.

La moitié près de vous demeure; L'autre moitié vous pleure en moi !

Ah ! que ne t'ai-je rencontrée Dans la fierté de mes vingt ans !

Auprès de toi quel doux printemps Et comme je t'eusse adorée !

De l'aube jusqu'à la vesprée Nous aurions passé les instants, Moi, pleins de rêves palpitants, Et toi de mes bras entourée.

Puis, quand de mes rideaux pâlis La Nuit eût refermé ses plis, Oh ! la longue et mortelle ivresse !

Ah! si telle que je te vois.

Je t'eusse connue autrefois.

Je n'aurais eu qu'une maîtresse!

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