DÉDICACE
A vous que j'aurais tant aimée D'un cœur profond et bien épris, Si votre âme, à mes vœux fermée Ne m'eût payé que de mépris.
A vous dont ma lâche tendresse, Impuissante à se contenir, Triste fleur qui vers vous se dresse, Vient mendier un souvenir.
A VOUS que j'eus tort de connaître, Ne pouvant vivre à vos genoux, Et qui riez de moi peut-être Pendant que je pleure pour vous !
DERNIÈRES TENDRESSES. 19b
Ne sois pas triste, je t'en prie, Toi dont le sourire est si doux !
Car, vois-tu bien, mon cœur jaloux L'est même de ta rêverie.-
La fleur d'un souffle est refleurie Dès que l'hiver fuit loin de nous.
L'Amour soupire à tes genoux :
Sois donc heureuse, étant chérie !
Laisse-moi les soucis mauvais.
Tes bras frêles ne sont pas faits Pour ployer sous leurs faix moroses.
Il n'est que juste et je te dois
Que l'épine saigne à mes doigts,
Pour qu'à tes pieds montent des roses !