‹ Le chemin des étoilesChapitre 94 sur 104 · ROSES THÉ · texte numérisé non relu

ROSES THÉ

Blanches presque, à peine rosées, Sur le bord, d'un peu de carmin, Ces fleurs ont tendu vers ma main Leur cœur pâle et lourd de rosées.

Pour toi, leurs sèves épuisées Vont revivre jusqu'à demain.

Aussi, tout le long du chemin, Lentement je les ai baisées.

Car bientôt leurs derniers parfums.

Autour des calices défunts.

Flotteront à peine sensibles.

Ainsi, mes désirs languissants Vers toi montent, et je me sens Mourir sous tes yeux impassibles.

204 Di:HNIÈRES TENDRESSES.

. KOSES ROUGES

J'ai choisi ces Heurs où la pourpre saigne, D'un rouge vivant j'ai choisi ces fleurs. Pour qu'en tes cheveux, pleine de mes pleurs Chacune, à son tour, meure sous ton peigne.

Qu'un soir seulement leur flot noir l'étreigne Gomme un sang vermeil buvant ses couleurs, Nul autre destin ne vaudra les leurs; Je les envîrai, loin que je les plaigne.

Je veux engloutir, jusqu'au plus profond Du gouffre embaumé qu'ouvre leur calice, Mon cœur las des maux que tes yeux lui font.

Pour qu'il ait sa part de leur cher supplice ! Oui, comme ces fleurs meurtri, je le veux Mourant sous ton peigne et dans tes cheveux !

DERNIÈRES T K N D R ES S ES. 20o

— Ni la violette de Parme, Sous le premier frisson de mai Entr'ouvrant son œil embaumé Où du matin tremble une larme,

De ton bleu regard n'a le charme.

— Ni la rose au bouton vermeil Qui, dans l'ombre longtemps farouche, S'épanouit, dès que la touche La lèvre d'or pur du soleil,

N'a le sourire de ta bouche.

— Ni le lis lier de sa pâleur, Ni le muguet plus blanc encore, Ni l'iris qu'un azur décore N'oseraient comparer au leur

L'éclat de ta jeunesse en fleur.

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