‹ Le chemin des saisonsChapitre 37 sur 100 · LE BERCEAU D'IVOIRE · texte numérisé non relu

LE BERCEAU D'IVOIRE

Pour que ton cœur jeune y rêve.

J'ai fait un berceau d'ivoire , Tendu de rideaux de moire Qu'un clou d'argent fin relève-.

Et cette moire est plus blanche Que T aubépine ou la neige:

Un brin de buis la protège , Un brin de lilas s'y penche ;

Et très doucement je berce Ton âme enfantine et tendre , De mots qu'on pourrait répandre Dans l'air qu'un ange traverse.

Je voudrais^ loyigtemps encore , Tenir sous ces plis candides Tes songes purs et limpides , Dans une clarté d'aurore.

Mais l'aurore devient rose.

S'emplit d'or et, triomphale.

Perd sa blancheur virginale En pourpre brûlante éclose ;

Un jour sa flamme rapide Percera la blanche moire ; Le pauvre berceau d'ivoire Restera défait et vide.

g8 I>: CHEMIN DES SAISONS.

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