LE BERCEAU D'IVOIRE
Pour que ton cœur jeune y rêve.
J'ai fait un berceau d'ivoire , Tendu de rideaux de moire Qu'un clou d'argent fin relève-.
Et cette moire est plus blanche Que T aubépine ou la neige:
Un brin de buis la protège , Un brin de lilas s'y penche ;
Et très doucement je berce Ton âme enfantine et tendre , De mots qu'on pourrait répandre Dans l'air qu'un ange traverse.
Je voudrais^ loyigtemps encore , Tenir sous ces plis candides Tes songes purs et limpides , Dans une clarté d'aurore.
Mais l'aurore devient rose.
S'emplit d'or et, triomphale.
Perd sa blancheur virginale En pourpre brûlante éclose ;
Un jour sa flamme rapide Percera la blanche moire ; Le pauvre berceau d'ivoire Restera défait et vide.
g8 I>: CHEMIN DES SAISONS.