LE POETE
Lorsque j'ai donné mes vers à la foule , J'ai pendu mon cœur au croc d'un boucher. Mon cœur déchiré d'où le sang découle Sur le pavé noir qu'un chien vient lécher.
Comme un lambeau rouge au fer il s'enroule Les plus viles mains peuvent le toucher. Et parfois l'essaim des mouches s'y saoule, Et d'un haillon noir semble le cacher.
Ceux dont le renom vermoulu s'écroule.
Les ynéchants dont nul ne veut approcher. Et ceux qu'un forfait loin de tous refoide Ne peuvent passer devant, sans cracher
Fers ce cœur ouvert d'où le sang découle Sur le pavé noir qu'un chien vient lécher ; Lorsque j'ai donné mes vers à la foule , J'ai pendu mon cœur au croc d'un boucher.