‹ Le chemin des saisonsChapitre 5 sur 100 · PROMESSES DE MARS · texte numérisé non relu

PROMESSES DE MARS

Oiiand Mars sème ses giboulées Dont la grêle folle étincelle.

Quand, de ses blanches aiguillées.

Le givre brode de dentelle Les noires branches des allées.

Dans les herbes renouvelées Déjà prêtes pour T asphodèle , D'exquises senteurs exhalées Annoncent le retour fidèle Des douces brises exilées;

Et des collines aux vallées, Le petit rouge-gorge appelle.

Secouant ses ailes mouillées , Les jours où le bois entremêle.

Pour cacher les nids, ses feuillées.

Mais aux âmes inconsolées Ou importe que Juin amoticelle Sur les vieux murs les giroflées , Et que dans les airs bleus ruisselle Un flot de chansons roucoulées ?

Mes espérances sont allées Datîs la froide tombe avec celle Qui dort au champ des mausolées ; Le f^intemps est mort arec elle ; Toutes saisons sont désolées.

Les premières azurs printaniers Reculent au loin les écumes Des flots verts, longtemps prisonyiier s Sous les brouillards gris et les brumes ,

Les mouettes, de nouveau blanches.

S'entrecroisent dans le ciel pur ; Les falaises, en lignes franches.

Redressent dans l'air leur grand mur ,

Dofit hier encor le contour, Presque effacé par les nuées, Flottait confusément autour De leurs pentes diminuées ;

l6 LE CHEMIN DES SAISONS.

Les dunes blondes reparaissent ; Et même le vieux cap lointain Nos yeux surpris le reconnaissent, Encor sombre et presque indistinct.

Les matelots sortant du port Tournent un plus joyeux visage Vers leurs femmes qui, sur le bord., Crient des souhaits d'heureux voyage

Et, dans les flancs vitreux de l'onde Entrant en lumineux frissons, Le soleil réveille et féconde Les amours obscurs des poissons.

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