‹ Le chemin des saisonsChapitre 6 sur 100 · LES BOURGEONS · texte numérisé non relu

LES BOURGEONS

à Henri Potez.

Les boiwgeons verts, les bourgeons bhncs Percent déjà le bout des branches.

Et, près des ruisseaux, des étangs Aux bords parsemés de pervenches , Teintent les arbustes tremblants ;

Les bourgeons blancs, les bourgeons roses. Sur les buissons, les espaliers, Font se changer en fleurs écloses ; Et les oiseaux , dans les hal tiers , Entre eux déjà parlent de rose^ ;

lp: chemin des saisons.

Les bourgeons verts, les bourgeons gris. Reluisant de gomme et de sève Dont s'embaument les vents surpris , Recouvrent l'écorce qui crève Le long des rameaux amoindris ;

Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges.

Sèment l'éveil universel.

Depuis les cours noires des bouges

Jusqu'au pur sommet sur lequel ,

O neige éclatante, tu bouges ;

Bourgeons laiteux des marronniers.

Bourgeons de bronze des vieux chênes.

Bourgeons mauves des amandiers.

Bourgeons glauques des jeunes Jrênes , Bourgeons cramoisis des pommiers.

Bourgeons d'ambre pâle du saule.

Leur frisson se propage et court , A travers tout, vers le froid pôle , Et, grandissant avec le jour Qui lentement sort de sa geôle.

Jette sur le bois , le pré.

Le mont, le val, les champs, les sables.

Son immense réseau tout prêt

A s'ouvrir en fleurs innombrables

Sur le monde transfiguré.

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