LA DÉSOLÉE
Fers le jleuve verddtre et sombre, Qui, bordé de cyprès sans nombre.
Coule, lisse et froid , dans leur ombre.
Elle est venue ; En sa morne et dolente pose , Elle tient une jeune rose Mourante, encor qu'à peine éclose,
Dans sa main nue.
De quel pays en fleurs fertile , Fers ce flot aux rayons hostile , Où l'ombre d'arbres noirs vacille Comme une nue.
AUTOMNE. l63
De queh jardins où les lumières Oupre?ît les bouches printanières Des lis et des roses trémières , Fient l'inconnue ?
D'un geste où la douleur s'exhale.
Dans la rivière glaciale Elle a jeté sa rose pâle ;
Et soutenue A l'un de ces arbres sévères.
Oui font aux eaux crépusculaires , Comme de stèles funéraires
Une avenue.
Elle a, d'un regard froid et vide , Vu fuir la fleur sur l'eau rapide , Debout, navrée et plus rigide
Qu'une statue.
Puis, au pied des cyprès tragiques , Dans l'herbe où les mauves colchiques Sèment leurs pâles mosaïques ,
S'est abattue.