L'ATTENTE
Je t'ai , tout le long du jour, attendu , Comme je t'attends depuis tant de mois. Mon cœur tout entier, mon cœur éperdu, Vit dans moti regard toujours suspendu Au coin du sentier qui tourne le bois.
J'empêche mes yeux de pleurer ; les larmes Me cachent la route oit tu dois descendre; Pourtant, quand je songe aux durs chocs des armes , Je sens tout mon sein, secoué d'alarmes , Plein d'un flot de pleurs qu'il n'ose répandre.
AUTOMNE. loi
Et déjà le soir cache le coteau ; Le bas du se7îtier se ferme , obscurci ; Je ne vois plus rien que le noir poteau Oui tient, dans le sang du ciel, l'écriteau Que tu regardas en partant d'ici.
Encor un jour i>ain , quand te reverrai-je ? Quand se finira ma cruelle attente} Chaque nuit, l'espoir fond comme une neige , Dans mon cœur déçu , qui se prend au piège D'un espoir nouveau que l'aurore enfante.
Tout est ténébreux ; vous pouvez pleurer. Mes yeux fatigués de vos longs regards , Fous pouvez enfin vous désaltérer De ces pleurs brûlants , qu'il faut dévorer Tant que vous craignez leurs pâles brouillards.
Et demain encor je m'en vais t' attendre ,
Le front à la vitre , à la même place ,
Fixant le seyitier où tu dois descendre ,
Que de jours tombés ainsi qu'une cendre !
Que mes yeux sont las ! Que mon âme est lasse !