RUINE DE CŒUR
à Edouard Marty.
Mon cœur vieillira , mais ainsi qu'un temple , Dont le fronto)! perd ses dieux effaces , Qu'entoure un azur chaque jour plus ample, Qui ronge le bord des piliers usés.
L'herbe et les chardons tapisse7it ses marches. Les chênes nains ont disjoint son parvis , Et les muraillers , aux restes des arches , Mettent les festons des derniers oublis.
Lorsque, dans la nuit, une pierre glisse Et tombe de lui pour l'ensevelir , Un soupir parcourt le triste édifice.
Oui semble sentir sa chute et gémir.
l86 LE CHEMIN DES SAISONS.
A l'endroit sacré du bois d'oliviers, Des troupeaux fangeux de buffles sauvages, A peine connus de rares bouviers, Brisent les roseaux de longs marécages.
Mais sur ce désert et cette ruine Vit la majesté du culte aboli ; Le temple aux autels éteints s'illumine Du Dieu disparu dont il fut rempli.
Quand mon cœur sera dévasté par l'dgc.
Jonché de lui-même, il lui restera D'avoir contenu ta divine image :
Comme un noble temple il s'écroulera.