SOUS UNE VIEILLE EPINE ROSE
à Ernest Faucher.
Chantez en moi, gais oisillons Oui chantez dans l'épine rose , Tandis que sw ma main se pose Mon front creusé d'épais sillons !
^u fond de mon sombre souci, Fotre gazouillement réveille Des jours de lumière pareille A la clarté de celui-ci ;
Je suis redevenu l'enfant.
L'enfant qui jouait sous l'épine, Dans l'ignorance encor divine Du mal ici-bas triomphant ;
AUTOMNE. l83
Je bondis, je ris et je com's !
O légères, claires journées , Qui semblaient toutes matinées.
Jusqu'à l'heure où les soleils lourds.
Rouges comme des étendards, Flottaient sur la lointaine ferme Dont la tour ronde était le terme Des rêves nés de mes regards !
Comme vos chants étaient joyeux , Et folles vos criailleries , Dans les ramures si fleuries Qu'on n'y pouvait suivre vos jeux!
Dans l'air de vos cris étourdi S'échappait parfois votre bande...
L'épine me paraît moins grande , Bien qu'elle ait sûrement grandi.
Fous vous taisez un court instant! Ce silence a rompu le charme Qui vient de mouiller d'une larme Mes yeux pris au passé distant.
184 t-Ê CHEMIN DES SAISONS,
Fous avez beau chanter encor.
Je suis de noui'eau l'homme sombre Dont la vie est au bord de l'ombre.
De la vieillesse et de la mort.
Mais vous ne m'avez pas conyiu !
Doux oiseaux , de quoi vous parlé-je Trente fois a paru la neige , Et le Printemps est revenu.
Depuis qu'enfant insoucieux.
J'écoutais, sous ces mêmes branches Aux mêmes flews roses et blanches.
Les grands aïeux de vos aïeux.
AUTOMNE. l85