VENUE DE L'HIVER
Que le premier gel vous dénoue , Et que , dans les brumes dorées.
Sous un ciel paisible où se joue Un rejïet de teintes pourprées , Fous glissiez calmes et navrées ;
Ou que l'ouragan vous secoue.
Et, sur les plaines éplorées , Dans un ciel noirâtre que troue Un faisceau de lueurs cuivrées.
Vous disperse , désespérées ,
iq8 LE CHEMIN DES SAISONS.
Dans l'herbe morte ou dans la boue.
Tombez, feuilles décolorées!
Dans r ornière où passe la roue , Sous les ramures délabrées , Gisez, en longs amas serrées!
La voix des vents durcis s'enroue.
Adieu les brises soupirées !
Foici le sombre Hiver qui cloue Aux parois jadis azurées .
Les lourdes tentures cendrées !
Les matelots tirent la proue De leurs carènes amarrées ; Le paysan , portant sa houe , Fers les fenêtres désirées Revient des terres labourées.
Saison où , la main sur la joue , Devant les braises des soirées.
L'homme seul et triste s'avoue Ses heures mal aventurées , Et ses erreurs mal réparées.
HIVKR. 19g