LES TROIS FILLES
Les trois filles m'ont regardé :
La première avait un œil tendre.
Et près d'elle j'ai hasardé
Des mots qu'elle a paru comprendre ;
L'autre avait un corsage dru; Bien quelle eût un air de l'Olympe, Elle souffrit , mieux qu'on yi'eùt cru.
Que ma main glissât sous sa guimpe;
L'autre, en marchant parmi le foin.
M'a montré sa fine cheville; Je suis allé beaucoup plus loin Aupi'ès de la troisième fille.
CRIQ.UETTE.
« Criquette , oii vas-tu de tes pieds mignons Déjà dans le ciel un noir sacristain Allume un à un tous ses lumignons Qu'à l'aube il éteint. »
— <i. Je m'en vais cueillir de la marjolaine , Afin d'embaumer , dans ma grande armoire, Mes fichus de lin, mes jupons de laine. Mon corset de moire, »
« Sais-tu que c'est l'heure où le loup-garou Commence à rôder dans les bois , dit-on ? Il t'emportera par ton joli cou Ainsi qu'un mouton. »
— « Je l adoucirai par une caresse; Puis je lui dirai : « Suivez-moi , messire ! » Et le loup-garou, comme un chien en laisse Suivra mon sourire. »